Mardi 3 novembre 2009

Anita : Alors ? Faut-il vraiment qu’on parle de l’identité nationale ? Les clampins l’ont mise au menu de la semaine.

Camomille : Pouh ! L’identité nationale, c’est avant tout la bouffe et le pinard. L’entrecôte frites, le beaujolpif , du moins pour ceux qui peuvent encore se mettre à table. Pour les autres, c’est purée jambon, et pis c’est tout.

A : Pour moi, c’est surtout la diversité des paysages. Des falaises d’Etretat à la dune du Pilat, en passant par les Monts d’Auvergne, c’est un enchantement pour les sens.

C : Pour l’ essence aussi ! Ça fait cher au kilomètre. A part ça, tout le reste, c’est que de la bedouillerie ! L’égalité, la fraternité et la liberté, ce sont des accessoires pour pochette surprise.

A : Oué ! Y a belle burette que l’abolition des privilèges a pris du plomb dans les plumes.

C : J’dirais même mieux :Y a vilaine lurette qu’on voit tout ça  par le petit bout de la lorgnette.

A : Y a aussi le drapeau bleu blanc rouge !

C : Ah non ! Et pis la marseillaise aussi, pendant que tu y es !

A : Ce sont tout de même les emblèmes de la république ma chère !

C : J’vais te dire ma bonne Anita ! Je deviendrai une demi patriote quand tous les enfants de ce pays pourront partir en vacances au moins une petite semaine dans l’année. Et pas seulement au centre aéré à dix bornes de chez eux ! Quand tous les travailleurs seront traités avec respect , quand chacun pourra avoir un logement décent et quand Pierre-Marie de Neuilly sur Seine aura les mêmes chances d’avenir que le petit Lucas de Neuilly Plaisance. Et puis bien sûr, quand on aura des femmes et des hommes respectables au sommet de l’état . Mais, avant que j’devienne une patriote à temps plein, une mer de fiente aura coulé dans les fosses septiques.

A : Je vois que tu t’emballes ma Mimille ! Mais rassure toi, j’le sens comme toi. L’identité française, elle prend aussi une belle claque à l’étranger. Un ancien président qu’on envoie au tribunal pour des malversations, un président bien actuel qui est la risée du monde entier, un ministre de la culture cultivant le tripotage et  les autres pataugeant dans le potage.

C : En fait, y a plus que sur les stades de foot qu’on peut l’entrapercevoir cette identité nationale.

A : Parlons z’en z’en  de la patrie sur le gazon ! Quel exemple ! La grande mode chez les supporteurs fouteurs de balle, c’est d’insulter l’adversaire quand leur équipe a perdu. Et ça tourne en général autour de l’homophobie. On se traite de pédés, de pédales, de fiottes, de tapettes, de tantouzes, de salopes et de sodomites. Charmant, non ?

C : C’est sûr que le vocabulaire ne manque pas. Nos mots d’oiseaux ont plus d’élégance. Le gros Nicollin qui préside aux destinées de l’équipe de Montpellier vient même de traiter un joueur adverse de tarlouze !

A : Un synonyme ? J’le connaissais pas çui là ! Et qu’est-ce qui fait ce Nicollin à part donner dans l’insulte ?

C : C’est le propriétaire de presque tous les camions poubelles du département de l’Hérault.

A : Tu m’en diras tant ! Les ordures, c’est comme la grippe A, ça s’propage ! Mais pour parler Freudien, toutes ces insultes à conotation homo, ça cache forcément quelque chose !

C : Tu sais Mimille, les homos ne sont jamais autant trahis que par les siens.

A : Oué ! Je conseille aux mâles voulant éviter de se faire tripoter dans les tribunes les soirs de match de choisir le badminton. Y a moins de monde, donc y a moins de cons et moins de promiscuité.

C : Dis moi ? J’aurais bien aimé faire l’impasse sur Matuvu mais y a cette histoire de copié collé dont il nous faut parler. Des p’tits malins qui ont du temps à perdre sont allés fouiller dans les discours du petit Pinocchio pour y trouver des répétitions en long en large et en travers.

A : Oué, j’ai vu ça ! Les mêmes phrases qui reviennent dans des laïus s’adressant à des auditeurs différents. Il annone les mêmes mots qu’on  a écrits pour lui sans se rendre compte qu’il les a déjà rabâchés les jours d’avant.

C : Normal ! Ce gars là n’a pas moins de six cerveaux à c’qu’on dit. Y a forcément de la surchauffe, du courcircuitage, et du pétage de plombs. Tout ça donne des résultats confusionnels .

A : Merci Docteur de toutes ces précisions ! Moi, j’voudrais parler de nos amis de Tarnac. Après tout, on était y a pas si longtemps encore leurs voisines. On en apprend de belles. Les soit disant saboteurs des lignes de chemin de fer ne seraient pas forcément les bons coupables. Il s’avère que les traces de pas relevés près du ballast ne correspondent pas à leurs pointures. On se rend compte aussi qu’ils ne pouvaient pas aller d’un endroit à un autre distant de 27 km en l’espace de 10 minutes. Bref ! Les éléments de la police pleine de malice ne tiennent plus le rail. Et pourtant, Coupat a croupi en prison pendant 6 mois.

C : Je veux ma nièce ! Si encore y avait eu Pasqua pour lui tenir compagnie ! Mais attention ! N’allons pas trop loin pour crier leur innocence à nos p’tits épiciers Corréziens. On aura l’air malignes si des indices viennent les trahir.

A : T’as raison ! N’allons pas trop vite en besogne. T’as qu’à voir Gilren qui fait le pari que le parquet fera appel pour Chirac et on ne voit toujours rien venir. Le journalisme, ça doit être du sérieux. On n' a pas le droit d’improviser.

C : Cette histoire des Tarnaquouères me pousse à relater cette aventure ferroviaire qui s’est passée il y a une dizaine de jours sur la ligne La Rochelle- Paris. Sûrement qu’elle a dû échapper à beaucoup de pèlerins.

A : J’ai suivi ça en effet ! C’est le p’tit jeune qui met sa voiture à l’arrêt en plein sur la voie ferrée entre les barrières des passages à niveau ?

C : Tout juste ! C’est un acte de chantage qu’il accomplit envers sa fiancée de son âge qui a décidé de rompre avec lui. Un cri d’amour comme on n' en voit plus en ce siècle d’ indifférence et d’égoïsme. Il stoppe donc la bagnole sur les rails, s’assoit sur le capot et attend imperturbablement le TGV de 16h 47. La grosse machine surgit enfin et écrabouille le véhicule.

A : Pétouille ! Et le garçon ?

C : Pas fou le bourdon ! Au dernier moment, peut-être trois secondes avant la collision, il a sauté sur le côté. Téméraire peut-être, mais rassure toi, il ne travaille pas aux Télécom ! Le plus séduisant dans cette histoire, ce n’est pas tant l’exercice périlleux mais plutôt son aspect romantique . Il fait ça pour sa belle et pour lui montrer son attachement. C’est tout d’même un peu plus viril que d’aller chanter sous sa fenêtre ou d’aller lui conter fleurette à la mode Roméo.

A : Je te l’accorde, mais a-t-il pensé au danger qu’il faisait encourir aux usagers de la SNCF ? D’ailleurs, qu’est-il advenu du train ? Tu occultes cet épisode de manière un peu cavalière.

C : Pouh ! Du froissement de tôle et quelques cris apeurés parmi les voyageurs. La loco était bien sûr hors d’usage mais combien c’est dérisoire à côté de cet amour passionné. Si les voyageurs ont pu attendre qu’on les dépanne, l’amour lui, n’attend pas !

A : Comme tu y vas ! Et comme ton histoire est cynique !

C : Scénique, tu veux dire ! Cette histoire est véritablement scénique ! Du cinéma à grand spectacle et on aurait pu recourir à Richard Burton et à Liz Taylor pour le casting. Car le clou du spectacle, c’est que la jeune fille de l’histoire n’est autre que la fille du garde-barrière et qu’elle assiste au spectacle de la fenêtre de la petite maison en pierre qui borde la voie ferrée.

A : Pétouille ! La fille du garde-barrière ? Quelle histoire ! J’pensais pas que cette espèce existait encore ! Je comprends mieux maintenant. Cela valait bien le coup d’envoyer un morceau de TGV à la casse.

C : Maintenant j’te dis pas la suite car je ne veux rien inventer. Le gamin a été mis en garde à vue et sa copine en observation à l’hôpital vu qu’elle a été sérieusement choquée par le spectacle. Je leur souhaite en tout cas tout le bonheur du monde et j’espère que leur histoire repartira sur les bons rails.

A : J’y crois dur comme fer ! Mais avant de conclure, je voudrais aborder vite fait bien fait une autre aventure, celle de Traber des Bois.

C : Hummmm ! J’sais pas si je vais te suivre sur ce chemin forestier.

A : Tu vas pas me dire que t’es du côté des forces de l’oie. Toi, la plus anarchique des volatiles cosmiques du peuple ornithologique.

C : Non, mais si ce type là est bien l’assassin des deux jeunes filles, j’ai une pensée tendre et solidaire pour les parents et je n’veux pas en faire un héros !

A : Comme tu as raison Mimille et comme je reconnais là ta bonté d’âme et ta noblesse de cœur. Mais avoue que si ce type là n’a rien à voir avec ces assassinats, c’est un héros des temps modernes. ♫ Il court il court le furet, le furet du bois mesdames…

C : ♫ Il court il court le furet, le furet du bois joli… Mais le plus marrant dans cette histoire, si encore une fois on doit en rire, c’est le nom de la forêt où il se cache : la forêt de Bombon !
A : Ça ne s’invente pas ! On connaissait la forêt de Paimpon , maintenant, on a la forêt de Bombon. La police va s’y gâter les dents !

 

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