Je suis drôlement vénère comme dirait ma jeune voisine. J’abandonne mon blog une petite semaine et voilà que ma note tombe à 50 alors que je flirtais avec les 75. Pour les non initiés, il faut savoir que Overblog décerne à chacun de ses inscrits une note variant de 0 à 100 et qu’elle fluctue selon le nombre de visiteurs, le nombre d’articles publiés et d’autres paramètres qui m’échappent. Les administrateurs sont des esclavagistes et n’ont aucune considération pour les scribouillards. Surtout que j’ai quitté mon clavier pour aller à la pêche à l’inspiration ! Me voilà bien récompensé ! Travailler plus et morfler davantage, telle est notre destinée. Pour tout vous dire, je n’en ai cure de leur notation, mais c’est pour le principe ! Bref, avisé récemment que 11 hôtels français venaient de recevoir une cinquième étoile afin d’ajouter un peu de standing à notre hexagone, j’ai voulu aller me rendre compte sur place en leur faisant une petite visite. J’ai commencé par Courchevel avec excusez du peu ses 6 récipiendaires : Le Mélézin, Les Airelles, L’Annapurna, Le Cheval-Blanc, Le Lana, et Le Kilimandjaro. Autant vous dire tout de suite que je n’ai pas trouvé l’accueil agréable. Au Mélézin, quand ils m’ont vu arriver avec mon sac à dos, mes godasses de montagne et coiffé de mon chapeau à la « Crocodile Dundee », ça plutôt été le cocktail à la grimace. Deux jeunes types sortis de la piste aux étoiles, déguisés en clowns m’ont toisé de haut et m’ont fait comprendre que je m’étais trompé de crémerie. J’ai demandé à voir les tarifs et me prenant pour un petit plaisantin, ils ont appelé avec leur talkie deux nervis costumés en noir qui m’ont signifié de passer mon chemin. Aux Airelles, c’est en Russe qu’on m’a interpelé en me disant d’emblée que c’était complet. A l’Annapurna, les porteurs de valises m’ont carrément ignoré vu qu’il y avait un arrivage de limousines débarquant quelques joufflus rosés ventripotents venus de l’Est accompagnés de poules domestiquées. J’ai été très vite découragé et suis allé voir les trois autres avec un défaitisme affiché. Je n’avais décidément pas la tenue et me suis dit que les temps avaient bien changé. Si autrefois, dans ce coin alpin, on se gaussait de vous quand vous arboriez le veston croisé et le foulard, j’ai vite compris que ma tenue de randonneur n’était plus du meilleur goût. J’aurais bien voulu me rabattre sur un gite ou sur une quelconque auberge de jeunesse, mais je me suis rendu à l’évidence. A Courchevel, on ne donne pas dans le social pour pouvoir mieux y soigner le faisandé. Même en pâturage, dormir est devenu impossible. Il n’y en a plus car on a viré depuis belle lurette les laitières qui faisaient du bacchanal toute la nuit avec leurs clarines accrochées autour du cou. Elles empêchaient le citadin d' importation de dormir. Je suis finalement descendu dans la vallée pour y coucher dans un Comfort Inn et j’ai porté tout seul, comme un grand, mon sac jusqu’à ma chambre. Demain, je passerai par Evian pour y saluer de la main Le Royal et en fin de semaine, je serai à Bordeaux pour Le Burdigala. Peut-être y fera-t-on preuve d’une meilleure hospitalité ? Il me restera pour septembre les trois parisiens promus que sont Le Fouquet’s, Le Hyatt Regency Paris Madeleine et le Square. Je ne manquerai pas de vous dire s’ils méritent le détour, sur le plan de l’accueil bien évidemment. Et n’allez surtout pas me questionner sur le prix de la nuit dans ces palaces du patrimoine ! Ce serait d’une parfaite inconvenance ! Quant à vous, les jaloux, les éternels aigris, les losers de tous poils, cessez vos complaintes à deux balles sur l’air désuet de l’Internationale. Sachez que promouvoir le logement du haut, c’est œuvrer positivement pour le logement d’en bas. Comme le chantait très justement en son temps Tino Rossi, « Tant qu’il y aura des étoiles sous la voûte des Cieux, y aura du soleil pour les gueux.»