Il y a encore deux ans de cela, le Mont Blanc mesurait
4810, 90 mètres. Aujourd’hui, il émerge à 4810, 45 m . Comment voulez vous qu’on s’y retrouve et qu’on retienne notre leçon de géo pour le lendemain, tellement c’est fluctuant. Tantôt il
prend de la hauteur, tantôt il rapetisse. Pour ma part, comme pour des milliers de potaches, je l’ai
connu à 4807 m et c’était réglé une bonne fois pour toutes, du cours préparatoire jusqu' en fin d’études. Maintenant, on ne sait plus trop et on n’a pas toujours sa paire de jumelles avec soi
pour vérifier s’il a neigé pendant la nuit. Si la hauteur du géant alpin est capricieuse, il gagne du terrain aussi à l’horizontale. Les glaciologues ont observé un déplacement de la crête de 26
m vers l’Italie et si les vents continuent à souffler de trop, le temps n’est plus très loin pour que nos voisins transalpins s’emparent de notre massif et s’approprient le record d’altitude.
Déjà que la plaque africaine s’approche de nous à grands pas, ça va être dur de garder notre identité nationale. On estime que la ville d’Alger se rapproche de Paris de l’ordre de 1 cm par
an. C’est fou ce que ça bouge ! Allez, je vous laisse ! Je vais faire un tour à la casbah et je devrais être de retour vers midi.