Anita : Nous voilà devenues Vendéennes !
Va falloir s’adapter à ce nouveau climat.
Camomille : J’espère que les mouettes vont se
tenir au large ! J’peux pas les supporter ! Leurs cris, leurs puces et les fientes qu’elles lâchent çà et là, c’est pas ma tasse d’été, ni d’hiver
d’ailleurs !.
A : On doit tout de même à nos lecteurs
quelques explications. Un mois qu’on fait pas le papier !
C : Autant dire une éternité ! Nous avons
fait des malheureux sans doute mais que voulez-vous, fallait bien qu’on prenne nos marques ! Et puis les cartons ont été longs à déballer. Vous savez skeusé les
déménagements!
A : Le logement est sympa, je dirais même
mieux, il est plus que correct. Pas moins de 5 chambres ou chacune de nos co-habitantes ont fait leur lit. Un studio indépendant tout près de la piscine qui a été attribué à Féfé et
Maria-Rosa .
C : C’est tant mieux, car à eux deux, c’est un
raz de marée permanent avec leurs ronflements intempestifs. J'espère qu'ils sont pas somnambules car ils auront tôt fait de se retrouver dans la pistoche. Eux qui savent pas
nager!
A : Quant à nous autres, on a notre place le
jour sur la terrasse face à l’océan, et la nuit, on nous replie au salon. Des reines que nous sommes, des perruches en pâte !
C : On le doit bien sûr à Mme de Longeville car
cette vieille virago de Monique voulait nous remiser à la buanderie.
A : Quelle salopiote, quelle harpie,
quelle sarcouille, cette bonne femme ! Quelle idée a eu la patronne de se coltiner cette peau d’hareng ! J’te préviens que si elle tombe de sa chaise et qu’on est seules avec elle, je
pousse ni cri ni S.O.S.
C : C’est sûr ! On compte jusqu’à dix en
espérant qu’elle se relève pas.
A : Quant au reste de la tribu, c’est
globalement positif. On les avait déjà présentées auparavant : Roussette, Fernande, Jennie, Paulette , les 4 veuves joyeuses qui viennent compléter le clan des sept. Avec nous, ça fait du
neuf.
C : J’espère que tout ce petit monde
d’octogénaires va vivre en bonne harmonie. La cuisine est commune, la salle à manger est commune, le salon aussi, les cabzincs également…
A : La salle de bains itou ! Elles vont devoir
faire gaffe à leur verre à dent et pas se mélanger les pinceaux .
C : Les appareils, tu veux
dire!
A : Ce qui est chouette en tout cas, c’est
qu’avec leur pension de cigale, elles puissent habiter une telle demeure.
A : Faut dire que la patronne participe pour
50% du loyer. Avec la pension de son défunt Général, elle est tout de même bien plus à l’aise que les autres. Si je compte toujours bien, pour du
1200 euros mensuels ça fait 600 pour Mme de Longeville et 100 euros pour chacune des autres. La cohabitation a du bon. Si elles étaient en maison de retraite, on te les plumerait jusqu’aux os
sans leur laisser de quoi acheter un caramel.
C : Je veux ma nièce ! Et puis pour la
becquetance, c’est bien le diable si elles arrivent pas à garnir la soupière. C’est un bon plan, y a pas à dire! Et en prime, le jardinier est payé par le proprio.
A : Ça manque tout de même d’hommes ! Un
seul pour six, ça craint du boudin ! Ça risque de s’écharper pour la moindre bricole. Un peu comme dans les écoles maternelles où les femmes étouffent le quota et se crêpent le chignon
pendant les récrés. Que des nanas ensemble, bonjour les hostilités !
C : Bah! La patronne saura canaliser tout
ça! Dis donc ma chère et tendre ? Faudrait voir à pas oublier de faire la revue . En un mois et davantage, y s’en est passé des
évènements !
A : Pas tant que ça en définitive ! De la
roupie de sansonnet que j’dirais même !
C : Le changement de
ministres ?
A : Gilren en a déjà parlé. Pas de quoi
fouetter Nadine ! Un non événement ! Y z’ont juste fait tourner les chaises !
C : Le travail du dimanche ? La retraite à
70 ans ?
A : Arrête ! Tu répands en ces lieux
enchanteurs un climat anxiogène !
C : Et les pauvres qui
s’appauvrissent ?
A : Pas de souci ! Y vont pouvoir
emprunter ! Elvis a demandé aux deux anciens pèlerins que sont Juppé et Rocard de lui concocter un petit emprunt de derrière les fagots.
C : Deux bons petits soldats que ces anciens
premiers ministres. Pas empruntés du tout ! Droits dans leurs bottes ! Avec des cales à l’intérieur tout de même ! « Un Rocard sinon rien ! » comme le préconisait
une grande marque d’apéritif. On lui a déjà confié le pôle nord, ça va finir par le tuer ces changements de température. Et pi j’imagine qu’en catimini, y doit narguer Tonton dans sa tombe .
« T’as vu un peu ! Mieux que toi, le nain de jardin sait reconnaître mes compétences époustouflantes » qu’il doit lui crier d’un accent vengeur.
A : Pauvre homme ! La patronne devrait
l’inviter à cohabiter avec nous . Sûr qu’il nous mettrait de l’ambiance. Quant à Juju, c’est pas un drôle ! Y nous sèmerait le spleen. Qu’il reste à Bordeaux !
C : Y a tout d’même eu le phénomène
Jackson ! On aime ou on aime pas, mais dans notre tout petit pays qui p..d.. c.., trois chaînes qui retransmettent simultanément et en direct
les zobs secs, c’est véritablement trouducutant !
A : Ça occupe le badaud ! Ça et pi tout le
reste, c’est pour mieux nous endormir ma jolie ! On fait en sorte par médias interposés de nous empêcher de réfléchir et de nous bêtifier à perpétuité. On nous aseptise, on nous bernartapise, on nous druckérise ! C’est la trépanation permanente. Le jour où on balancera tous nos télés par la fenêtre, ce sera le début de la guérison.
Regarde un peu comment cette abstinence nous a fait du bien pendant près d’un mois !
C : Oh que oui ! Mais dis moi, j’en
reviens à Mickael. Où est passé le corps ?
A : Tu sais, la médecine légale a un boulot
titanesque avec lui ! Aller farfouiller dans cet amas de viscères qui ont été tant chahutées et où voisinent matières plastiques et matières carnées, c’est toute une aventure ! Après,
il faut remettre le puzzle en place et le déposer en son écrin de velours.
C : Tu penses qu’on ira triturer aussi Johnny
Halliday s’il vient à nous quitter ?
A : J’pense pas ! Le foie peut-être, mais
sûrement pas le cerveau. Y a rien à y glaner !
C : C’est beau la mer qu’on voit danser le long
des golfes clairs !
A : L’océan surtout qui avance et qui recule et
qui gronde sur les rochers. Belle idée d’avoir choisi cette maison sur la corniche ! Saint-Hilaire de Riez, pour celles et ceux qui connaissent pas, on vous le situe sur une
carte.
C : On met aussi quelques photos de la maison
pour vous donner une idée.
A : Et puis, c’est la Vendée, avec sa nature
sauvage , sa côte océane, ses marais et son bocage. On change complètement de paysage.
C : Va savoir si on y restera assez longtemps.
La patronne a tellement la bougeotte !
A : L’air marin va nous convenir, c’est
certain. Et puis on va poétiser davantage.
C : Regarde le soleil qui se couche sur la
ligne de l’horizon ! C’est magique ! On dirait que la mer s’embrase.
A : On n’est pas bien ici ? Décontractées
du gland !
le salon
la salle à manger
le côté piscine avec le studio indépendant pour Féfé et Rosa
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