Mercredi matin 7heures au réveil. J’ai vaguement décidé la veille d’aller sur l’étape du Tour qui passe dans le Beaufortain. Mon choix s’est porté sur le Col des Saisies mais je veux éviter la cohorte des voitures qui va prendre la route par Beaufort via Albertville. Je passe par cette dernière mais bifurque surVillard sur Doron et emprunte la route des chalets de Bizanne, étroite et pentue à faire peur. J’ai prévu de me garer à Bizanne et de poursuivre à pied jusqu’aux Saisies par le sentier du Tour du Beaufortain. Comme à l’habitude, je finis par faire le contraire de ce que j’ai programmé et arrive tout frais et dispos en voiture au col après une petite heure et demie de route. Je me gare, j’endosse le sac, et laisse mes chaussures de montagne dans le coffre. Je n’en aurai nul besoin puisque je me retrouve avec les badauds attentistes de la caravane. Il est 10h et des poussières et les premières voitures Vittel, Cochonou ou Cassegrain ne sont pas attendues avant midi. Deux heures à glander avant de recevoir les échantillons sur les pieds et quatre heures avant d’applaudir les premiers héros de la pédale. Ça me fait penser que Sarcouille s’est invité sur l’étape et rien que la perspective de l’apercevoir me répugne déjà. Je remonte les spectateurs déjà installés sur le bord de la route, certains couchés dans l’herbe et d’autres mieux installés sur des chaises de camping. Il paraît que le dopage a toujours cours au sein du peloton, mais je puis vous dire qu’au bord du chemin on ne donne pas sa bibine au chat. Ici, quatre compères se torchent quelques bouteilles de Gamay et plus loin on est déjà au Ricard. Beaucoup de Belges, d’Allemands, de Nordiques agitant leurs drapeaux et d’innombrables ventripotents qui consultent le classement général pour tromper l’ennui. De la famille française, bien sûr, nombreuse et bon enfant. Dans les campings cars, on fait les derniers réglages pour la retransmission télévisée de la course. Pas mal de gens du coin, des savoyards purs et durs qui accomplissent le pèlerinage et qui portent avec eux depuis des kilomètres le panier de victuailles dans une main et la chaise pliante dans l’autre. Chaussés de mocassins ou de nu pieds, habillés en tenue de ville, certains marchant depuis des kilomètres , claudiquent et s’épongent le front du mouchoir. Demain ils seront nombreux à maudire leur scatique. L’un me rappelle Bourvil marchant dans les souliers trop étroits de Louis de Funès dans la Grande Vadrouille. Le village des Saisies ne mérite pas forcément le détour. Rien de vraiment typique. Beaucoup de chalets disséminés en hameaux et quelques commerces pour la denrée usuelle. De nombreux magasins de sports à l'enseigne de Picard, celui qui fut champion de ski en son temps. On trouve aux vitrines des skis en solde à 600 euros, les mêmes qui vous sont vendus dans la vallée à moitié prix. Je remonte toujours les troupes et franchit la ligne du sommet du col, patronnée par Carrefour. Je me dis que pour une fois, je pourrais bien m’installer dans le début de la descente pour me changer les sensations. C’est ce que je fais et je grimpe sur le côté pour m’asseoir dans l’herbe. Il est bientôt onze heures et je m’attaque à mon casse croûte. Un pan-bagnat qu’on m’a préparé avec amour : thon, tomate, œuf dur mayonnaise … Je te l’avale vite fait bien fait et l’arrose de quelques décilitres de vin rouge resté bien frais dans mon sac. Des marcheurs continuent d’arriver par l’autre versant . Certains ont même des béquilles. Je le disais un peu plus haut, un peu comme un pèlerinage, à Lourdes ou ailleurs. J’allais oublier les cyclos ! Ils sont des centaines à être venus sur du vélo de haut de gamme ou du plus ordinaire. Femmes, hommes enfants sur du course, du VTT, du VTC. Personne n’est exclu et chacun avance à son rythme. Il est 11 h 20 et pour tout vous dire, je commence à m’emmerder un peu. Faut dire que c’est la toute première fois que je me déplace tout seul sur le Tour. Pour ne rien arranger, le ciel s’assombrit, l’air fraîchit et quelques gouttes commencent à tomber. Sentant venir l’orage, des colporteurs en camionnettes proposent aux gogos des parapluies à dix euros pièce. Je prends le tournis et me dis que je ferais pas mal de rentrer car je n’ai rien à fiche ici . Si tout se passe bien, je suis à 14 h à la maison alors que coureurs ne seront pas encore passés au col. J’éviterai aussi la cohue pour rentrer et je m’en porterai beaucoup mieux. Tant pis, il va me falloir reprendre la route par laquelle je suis monté. Je fais la descente avec la peur au ventre tellement la route est étroite et rendue glissante par la pluie. Heureusement, je n’ai personne au cul et peut aller à mon train. D’ailleurs, qui serait assez débile pour redescendre du col alors que le spectacle n’a pas encore commencé . Un peu avant 14 h je suis à la maison et on annonce à la télé que les coureurs entament la montée des Saisies. Sur ce coup là, j’ai été syncro comme un professionnel. Je regarde donc jusqu’à la fin la plus belle étape du Tour, enfin celle qu’on nous a annoncée ainsi . Aussitôt que les frères Luxembourgeois et le bellâtre Espagnol ont franchi la ligne et que le service de lèche de la chaîne entreprend Sarcouille pour l’interroger, je ferme le poste et passe aux affaires courantes. Au fait ! J’allais oublier ! Au cours de cette visite aux Saisies si ultra courte fut elle, j’ai pris en photo une copine de croisière avec qui j’ai sympathisé . Une tarine comme on les appelle en Tarentaise, mais aussi dans le Beaufortain.
En savoir plus :
La race TARENTAISE porte le nom de la Haute Vallée Savoyarde où elle a pris naissance. Egalement appelée Tarine, elle se reconnaît d' abord à sa robe fauve uniforme, qui peut légèrement varier d' un jaune foncé à un rouge léger. Ses lèvres, ses naseaux et son mufle sont noirs. Sa tête surmontée de cornes aux extrémités noires comporte un large front. Ses jambes étant plutôt courtes, elle est de taille moyenne avec 1,30 m au garrot pour environ 550 à 600 kg.
La Tarentaise est élevée pour ses capacités laitières (4500 kg
de lait par an) et fromagères. Elle est renommée pour son Beaufort, son Reblochon et pour la Tomme de Savoie. Mais son lait sert aussi à la fabrication de l' emmental.
Bien adaptée aux variations de température et aux terrains accidentés, la Tarentaise est une parfaite montagnarde. Endurante, les grandes randonnées ne lui font pas peur. Utilisée comme
saisonnière dans les stations de ski françaises, elle aide à la préservation des prairies pentues qui constitueront les pistes de ski à la saison froide.
Ses qualités de reproduction, fécondité, facilité de vêlage, sont très appréciées, en système laitier ou allaitant. Son potentiel viande intéressant (engraissement facile après tarissement, carcasses à haut rendement, finesse du squelette...) et ses qualités maternelles font d'elle une très bonne allaitante, notamment en croisement avec des races bouchères.
La plupart des élevages tarentais sont situés dans les hautes vallées où le lait est transformé en fromage. La conduite du troupeau
est étroitement liée au rythme des saisons . En
hiver, les animaux sont en étable entravée. Ils y rentrent dès les premiers froids voire les premières neiges pour ne plus quitter "ce refuge" avant le printemps. Leur alimentation est alors
basée essentiellement de foin. En été, ils rejoignent les pâturages d'altitude : les
alpages (situés entre 1500 et 2500 m d'altitude). Dans certains cas, avant la mise en estive, les troupeaux sont rassemblés. Ces regroupements font aussi partie des traditions nées avec
l'exploitation des montagnes par les éleveurs.Ces regroupements pastoraux leur permettent en particulier de s' occuper de la fenaison pendant que leurs vaches sont gardées en altitude. Au
printemps et à l' automne, les animaux paissent sur les prairies d'altitude moyenne : les montagnettes. Ainsi, les vaches sont traites une partie de l'année en étable et le reste du temps à
l'extérieur de manière itinérante.






























































































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