MORALE DE LA FABLE :
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse .
amertume
Petites infamies de Gilren
accumulation : succession de mots appartenant à la même catégorie grammaticale
procurant une double jouissance d'écriture
Ex: le poème de Michel Leiris ( Le ruban au cou d'Olympia)
Mon amante,
mon amie,
ma mascotte,
mon totem,
mon talisman,
ma manne,
mon chanvre indien, etc. etc .
Essai de Gilren : (Mots d'amour à une femme enrobée)
Ma tabatière, ma bonbonne, ma couette,mon édredon, ma bouée, mon tonneau,
etc...etc...
agrammaticalité : écriture d'un texte ne respectant pas les règles de
grammaire
Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons ( Renaud)
Et je mourirai cerclé de rigolos ....( J. Brel)
Tu être jolie beaucoup
Moi être zinzin de ta fantaisie
Tu rendre moi fou de vous
Car tu être belle à l'infini ( R. Gotainer)
acronyme: terme formé par les initiales des mots composant une expression
:
medef : mouvement des enfoirés des entreprises en faillite
ump :union des margoulins de la politique
pc: papier cul
edf : électrocutés de France .....
amphigouri : texte absurde composé d'antithèses
un jour qu'il faisait nuit, je dormais éveillé
le vacarme inaudible pénétrait le néant
anadiplose : reprise pour le début d'un vers la fin du
précédent
J'en ai marre
Marabout
Bout d'ficelle ......
anagramme : redistribution des lettres d'un mot pour en créer un autre
différent
Boris Vian : Bison Ravi
Salvador Dali : Avida Dollars
anti-métabole: permutation des mots pour obtenir un nouvel énoncé
Ci-git un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien:
Le bien qu'il fit, il le fit mal,
Le mal qu'il fit, il le fit bien .
a-peu-près : modification d'un énoncé en jouant sur des sonorités voisines
Elle l'accueillit à draps ouverts.
Elle lit des romans à l'eau d'Eros.
Ils mettaient du corps à l'outrage. ( Jacques Pater)
attelage : liaison dans une phrase entre un terme concret et un terme
abstrait
Je prends ma valise et mon courage à deux mains .
Après avoir sauté sa belle soeur et le repas de midi, le Petit Prince reprit ses esprits et une banane . (P. Desproges)
au pied de la lettre :
prendre des métaphores au pied de la lettre
Ne pas utiliser un pouboire pour manger .
Chercher un chiffon pour essuyer une tempête .....
calembour : jeu de langage fondé sur la différence de sens entre deux homophones
C'est en sciant que Léonard devint scie . (Francis Blanche)
charabia : énoncé incohérent dû à des erreurs syntaxiques ou lexicales
Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l'aie dépassé m'a suivie,c'est alors qu'elle m'a choquée en plein derrière et m'a forcée par là à
choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant .
contrepétrie : permutation des lettres ou des syllabes afin d'obtenir un nouvel énoncé le plus souvent
grivois
Martine revient de la ferme pleine d'espoir .
Superman a une bouille incroyable.
Quel beau métier,professeur!
Le vent soufflait dans la rue du quai.
Une sorte de rage lui tenait lieu de verve.
Le peintre a mis le couchant en valeur .
cortège : rédiger un poème en associant pour chaque vers deux expressions dont on permute les
éléments
Un vieillard en or avec une montre en deuil
Une reine en peine avec un homme d'Angleterre
Des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer ...( Jacques Prévert)
cryptogramme: message composé à partir d'un
code secret
I.C
I.E.S.T
L.E.C.H.E.M
I.N.D.E.
S.A.N.E.S.
cryptonyme: nom propre dissimulé à l'intérieur d'une phrase
J'ai deux gaules pour aller à la pêche .
Il faut qu'elle agisse car après ce sera trop tard.
Parmi tes rangs d'oignons, insère quelques radis!
kakemphaton: signification indésirable se superposant au sens premier d'une phrase pour des
raisons d'homophonie
Je suis romaine, hélas, puisque mon époux l'est . (Corneille)
Il sortit de la vie comme un vieillard en sort.( V.Hugo)
Amoureux de la belle, il écrasa l'époux .
palendrome: mot qui conserve le même sens lu de gauche à droite ou inversément
Anna, Ubu, été,radar,Laval .....
paronomase: rapprochement de mots phonétiquement proches mais de sens
différents
les lingères légères (Eluard)
les beaux-arts bizarres ( Ionesco)
les sueurs de l'amour et les suaires de la mort (Volmert)
























Coucher de soleil en montagne
Jon regarda le ciel ouvert devant eux. Le soleil avait
complètement disparu derrière l’horizon, mais la lumière continuait d’illuminer les nuages. En bas, très loin sur la vallée, il y avait une ombre
légère qui voilait le relief. On ne voyait plus le lac, ni les collines, et Jon ne pouvait pas reconnaître le pays. Mais le ciel immense était plein de lumière, et Jon vit tous les nuages, longs,
couleur de fumée, étendus dans l’air jaune et rose. Plus haut le bleu commençait, un bleu profond et sombre qui vibrait de lumière aussi, et Jon
aperçut le point blanc de Vénus, qui brillait seul comme un phare.
J.M.G. Le
CLEZIO
La vallée étroite où serpentait la rivière s’embrumait alors pendant cinq mois. Des brouillards légers flottaient d’abord sur les prairies, rendant tous les fonds pareils à un grand étang d’où émergeaient les toits des maisons. Puis cette nuée blanche, montant comme une marée, enveloppait tout, faisait de ce vallon un pays de fantômes où les hommes glissaient comme des ombres.
Guy de MAUPASSANT
Automne en forêt
La forêt était à une heure de grande beauté. L’automne somptueux dorait toutes les cimes. Le vent rebroussait la tignasse fauve des vieux chênes. Le blond pâle des acacias et des tilleuls se mêlait aux tons chauds des hêtres et des érables , au rouge éclatant des merisiers . La forêt était à une heure de grande beauté, mais on devinait cette beauté menacée et fragile . Déjà, les feuilles mortes jonchaient le sol ; d’autres, sous les brusques assauts du vent, se détachaient des branches et tourbillonnaient comme une volée d’oiseaux apeurés .
E. PEROCHON
Il était bien joli ce chemin de Provence. Il se promenait entre deux murailles
de pierres cuites par le soleil, au bord desquelles se penchaient vers nous de larges feuilles de figuier, des buissons de clématites, et des oliviers
centenaires. Au pied des murs, une bordure d’herbes folles et de ronces, prouvait que le zèle du cantonnier était moins large que le chemin.
J’entendais chanter les cigales, et sur le mur couleur de miel, des lézards immobiles, la bouche ouverte, buvaient le soleil.
Marcel PAGNOL
Campagne sous la neige
En une nuit, toute la plaine fut ensevelie. Les fermes, isolées dans leurs cours fermées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s’endormir sous l’accumulation de
cette mousse épaisse et légère. Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls, les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel. On n’entendait rien que le
glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours. Cela dura huit jours pleins, puis l’avalanche s’arrêta.
Guy de MAUPASSANT

Le feu
La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les trois heures du matin .
Depuis, elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes ; son ventre de flammes suit; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance . Un coup de griffe à droite, un à gauche; ici, elle éventre une chênaie, là elle dévore d’un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pins . Le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction . On dirait qu’elle sait où elle va .
Jean GIONO
MORALE DE LA FABLE :
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse .
Crack, boum, hue ! Pour ne pas passer inaperçu, Zozo est arrivé sans son masque et son chapeau dans le quartier de la gare à Saint-Denis, mais c’est à la pointe de l’épée qu’il a lancé un défi à la drogue et aux dealers. Zozo? Pas tout à fait ! Il s’agit plutôt de sa doublure, Zozo deuxième du nom. Chacun connaît Zozo 1er, le seul, le vrai, celui qui cavale à la tête des troupes ump. Mais le vrai a tellement à faire qu’il envoie souvent son second à l’abordage pour le suppléer. Mardi matin, le journal Le Parisien publie une enquête sur le marché du crack et autres douceurs, ayant pignon sur rue ou plutôt sur trottoir à Saint-Denis. Un tableau apocalyptique y est dressé, où on y apprend que le crack (mélange de cocaïne cristallisée et d’ammoniaque), l’héroïne, le canabis, l’ectasy sont vendus à l’étalage , comme le réglisse et la barbe à papa à la foire du trône. Des mois et des mois que ça dure et qu’on laisse pourrir la situation. Le long des berges, devant les magasins, sur le parvis de la gare, toute la came est vendue à ciel ouvert. Les résidus de coke vous collent à la semelle, aux roues des poussettes et on se risque pas à envoyer les gamins chercher le pain. Mais c’est là qu’entre en scène Zozo 2, surgissant de la Place Beauveau. Le justicier de la nuit ayant appris tout ça comme vous et moi dans le journal du matin convoque les photographes et fonce le soir au galop et à bride abattue pour tenir aux riverains la bonne parole : « Vous allez voir c’que vous allez voir ! On va leur livrer un combat sans merci aux dealers ! » « Je vous ai compris ! » qu’il rajoute même parodiant le Général. Après ce coup de colère, Zozo 2 rentre en ses salons et va rendre compte à Zozo 1er de son expédition. Quand on pense que ces gens là se font élire par les petits français naïfs en quête de sécurité et que ça gouverne en fonction du contenu du journal ! Leurs épées à ces Zozos de Prisunic, je ne vais tout de même pas vous dire où ils peuvent se les mettre !
Du côté de Saint-Emilion, on donne un dernier coup d’aiguisage aux sécateurs. Ici comme ailleurs, les vendanges sont sur le point de démarrer. Mais attention ! Chez les puristes, on va étaler ça dans le temps avec le calendrier à la main. Chez les adeptes de la biodynamie, on cueille le raisin après l’autorisation de la lune et celle des astres. Avant de prendre sa hotte ou son panier, il faut savoir zyeuter le ciel. Si la lune passe devant la constellation du Bélier, le fruit va s’épanouir et le vin va y trouver toute sa quintessence. Ce jour là, le vendangeur ne doit pas lésiner sur les horaires . Par contre, si le lendemain, il y a un léger décalage par rapport à Mars ou à Neptune, il vaut mieux rester coucher ou s’occuper des noix. C’est ça, la biodynamie et les connaisseurs vous diront que le vin y gagne en fraîcheur et en minéralité. Si sur le marché un bonimenteur vous tient la grappe à ce sujet, faites semblant d’y croire, ça mange pas de pain. L’essentiel pour le viticulteur, c’est que le chaland crédule y mette de la tune . Et puis, allez donc savoir ? Ma grand-mère disait bien qu’il ne fallait pas faire une mayonnaise aux époques menstruelles car ça la faisait tourner. Allez ! Vous prendrez bien un dernier verre de bio-dynamique pour la route !
Je suis finalement de retour ! J’étais parti, je suis revenu et puis je suis reparti à nouveau. Figurez-vous
qu’en août, après avoir abusé de la chaise longue, de la chilienne pour être précis, je n’avais bronzé qu’au recto. C’est vrai que c’est pas facile de se mettre sur le ventre dans une chilienne .
Et de plus, si vous avez dans une main le verre et la paille et que vous vous mettez en position ventrale, le bras libre risque de ployer inopinément et la paille aura tôt fait de vous éborgner.
Bref ! J’étais noir devant et blanc derrière, et pour tromper mon monde, je prenais congé de mes rencontres en partant à reculons. J’ai
donc profité de ce bel été indien pour réparer cette erreur de design. Je colle quelques clichés,
histoire d’illustrer mes commentaires empreints d’amour. Mais attention ! Point d’îles paradisiaques ou autres artifices ! Seulement du cliché populaire, de celui qu’on ramène quand on passe
devant les palaces et les bateaux en suçant des glaces à l’eau .
Les filles de l’Hérault, qu’elles soient de Sète, de Palavas, de Montpellier ou de
Villeneuve les Maguelone sont mignonnes comme celles de Charleville Mézières ou de Knoke le Zoute. Mais une fois dépassé la quarantaine, elles ont tellement pris le soleil que ça devient un champ
de ruines. La peau cuivrée se délite et la glande mammaire se fripe. Elles ont de plus en plus recours à la chirurgie esthétique. Louisa s’est fait installer des pneumatiques l’an dernier après
s’être fait remonter les lèvres l’année d’avant. Elle ne compte plus les injections de botox et les liposuccions et elle a prévu en fin d’année de se faire rectifier le menton. J’allais oublier
les tatouages. Elles sont au top du top les héroïnes et rares sont celles qui n’ont pas leur viande estampillée comme les génisses à l’abattage.
Quand je dis « les filles de l’Herault », je pourrais tout aussi bien dire « les filles du Var ou des Alpes Maritimes.» Faudrait voir à pas être
sectaire !
Il est de bon ton de copier les petits copains d’Ibiza ou de Saint-Trop. C’est pas parce qu’on est dans le Languedoc Roussillon qu’il faudrait passer pour des couillons. Une dalle en béton, une armature en inox endurci , une bâche par dessus et le tour est joué. J’allais oublier les palmiers importés de Jardiland ! Le resto de la plage est installé. On aligne côte à côte des lits sur le sable, où l’on vous sert des verres de blanc ou de rosé à dix euros la pièce. Pour une petite faim vous avez le choix à l’intérieur ou vous faire servir sur un plateau. Ne faites pas tomber une feuille de salade, car ce serait gaspiller. Au prix où ça coûte ! Pour ce qui est de la literie, c’est du délire. L’une nous rappelle une chambre mortuaire et plus loin, c’est l’ hôpital de campagne. Quelques déesses de ligue 3 s’y prélassent voluptueusement avec deux obus sur champ de bataille et je vous avoue les p’tits gars et les p’tites filles que je préfère aller m’allonger sur les rochers, au risque de martyriser mes lombaires et cervicales.
En allant chercher les huîtres, je me suis arrêté un court instant devant la régate organisée
à quelques encablures du port. Le « Trophée Clairefontaine » qu’ils appellent leur manège. Ils ont fait venir pour la journée quelques vedettes de la voile pour quelques dizaines de
milliers d’euros chacune et les ont fait tourner autour des quilles. Quand Peyron et Desjoyaux sont sur un bateau personne ne tombe à l’eau mais le
fric coule à flot ! Ça occupe un peu le touriste et c’est gratos. Il faut juste faire gaffe à pas prendre un coup de soleil car il tape de côté.
Figurez-vous que j’ai retrouvé Carla. Je l’avais perdue de vue depuis quelques années et
voilà que je suis tombé sur elle sans grand mal sur le quai du Grau du Roi . Après ses années fastes où elle faisait les défilés de lingerie
affriolante dans les magasins de province, elle a finalement raccroché les strings pour monter un magasin de chaussures. Son mari qui lui arrive à la taille est ravi de l’aubaine puisque Carla
fait aussi dans la talonnette !
Sur le retour, étape en Arles chez les amis Jean et Nicole, personnalités de la ville, et surtout des amis très sympathiques. Merci à eux pour ce repas gastronomique et cette visite guidée à travers les vieilles rues . Pour la petite histoire, c’était le jour de la Féria du Riz avec sa corrida incontournable mais heureusement, nous n’avons fait que longer les arènes . De l’autre côté des murs deux fois millénaires, on tuait sous les vivats et les vociférations. Hélas, je n’ai rien pu faire pour les bêtes sanguinolentes qui distrayaient le badaud en ce dimanche de soleil.
Je ne peux pas m’en empêcher ! Avec le Pont du Gard, le Moulin de Daudet reste parmi mes lieux de prédilection. Quand je passe non loin d’eux, je gare la voiture et vais les contempler . Quand on aime on ne compte pas ! Souvenez-vous ces quelques lignes d’Alphonse qu’il écrivait du moulin.
"Ce sont les lapins qui ont été étonnés !... Depuis si longtemps qu'ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d'opérations stratégiques : le moulin de Jemmapes des lapins... La nuit de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune... Le temps d'entrouvrir une lucarne, frrt ! Voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l'air, dans le fourré. J'espère bien qu'ils reviendront.
Il y a eu la série de la doublette des détectives Kenzie et Gennaro, le drame poignant de Mystic River repris au cinéma et Shutter Island lui aussi porté à l’écran actuellement . Du grand art, sans conteste par ce faiseur de polars au talent immense, mais comment aurait-on pu imaginer que Dennis Lehane allait nous livrer un roman aussi grandiose que celui-ci . « Un pays à l’aube » est un chef d’œuvre . L’épopée qu’il nous livre ici est d’une telle intensité, qu’elle fait de lui un auteur qui va compter dans le roman américain contemporain. Nous ne trouvons dans ce roman fleuve ni assassin, ( quoique...) ni mobile , ni modus operandi, mais le lecteur vit à chaque page un véritable thriller social . Des personnages poignants de vérité aux destinées qui s’entrecroisent . Danny Coughlin jeune flic et fils de flic à qui l’on confie la tâche de briseur de grèves dans le Boston des années 1920 et qui visiblement n’est pas taillé pour le costume. Luther Laurence dans sa négritude flamboyante fuyant le juste crime accompli et le fringant Babe Ruth, l’idole des terrains de base-ball , qui nous rappelle que le rêve américain ne frappe pas à toutes les portes. La vie est de plus en plus difficile pour les classes pauvres, et c’est sur ce terreau que fleurissent les luttes syndicales et aussi les premiers mouvements de défense de la cause des Noirs. Ce roman est porté par un souffle historique, social, politique, mais surtout profondément humain. S’il en est parmi vous qui ont zappé sur Zola et ses Rougon Macquart, une chance d'absolution vous est offerte avec « Un pays à l’aube », et vous n’y perdrez pas au change . A lire absolument !
En voilà un nouveau qui s’y colle ! Ministre de l’Education, il annonce à hue et à dia qu’il sera un ministre consensuel. « Sensuel », faudrait voir à pas exagérer ! A moins qu’au royaume des aveugles, les borgnes fassent toujours la loi. Mais reconnaissons que le guignol promu n’est guère plus sexy que son prédécesseur Darcos. Bonne rentrée scolaire tout de même aux Enseignants, et particulièrement à celles et ceux qui me lisent régulièrement. Sensuelle ou pas, que cette année scolaire vous soit douce et prospère youp la boum. A vos crayons !
Encore une fois, je me suis laissé prendre par
les championnats du monde d’athlétisme. Et puis, cerise sur le gâteau, ils nous ont été servis cette année sur le plateau du stade de Berlin avec son noble public génial de fair-play. Un
public qui en oublie les meneurs du 5000 m pour encourager de la voix et des mains le coureur Kenyan ayant perdu sa chaussure en route et accomplissant l’exploit de
recoller au peloton après une poursuite de 3000 m . Un public se levant aussi bien pour l’hymne de la Barbade que pour celui des Etats Unis. Un public venu en masse pour soutenir son idole Ariane
Friedrich au saut en hauteur et qui pour finir rend un hommage merveilleux à sa belle adversaire Croate , Blanca Vlasic qui remporte le concours. Mais le plus
époustouflant sera après l’exploit du Jamaïcain Usain Bolt raflant les records mondiaux du 100 et du 200, celui d’Ariane qui contrairement à ses concurrentes
réclamera avant ses essais à la barre le silence dans le stade et l’obtiendra mieux encore que dans une cathédrale, juste avec l’index posé sur la bouche. Si ça , ce n’est pas un exploit
, je ne m’y connais rien. Allez donc essayer d’obtenir un semblant de silence dans un stade de foot de
province, ne serait-ce que 20 secondes, pour un hommage quel qu’il soit. Les deux disciplines n’ont visiblement pas les mêmes valeurs, que ce soit dans les tribunes
ou sur le terrain. Et puis, la leçon était Berlinoise, et là, ça relève du grand art pour un pays qui connut trois quarts de siècle plus tôt, les aboiements que l'on sait. Une fois n'est pas
coutume, permettez moi de clamer à mon tour, haut et fort :
" Ich bin ein Berliner"!
Blanka Vlasic championne du monde du saut en hauteur
(2, 04 m)
Garçon ! Resservez moi un p’tit Côtes du Rhône ! En voilà une nouvelle rassurante. Moi qui avais décidé de lever le pied sur ma consommation quotidienne de vin rouge, je vais finalement continuer à lever le coude. Une équipe scientifique de l’Université écossaise de Glasgow vient de découvrir que le resveratrol, cet antioxydant contenu en grande quantité dans le vin rouge permettait de nous prévenir de la septicémie. Encore une fois , ce sont ces braves souris de laboratoire qui ont trinqué pour amener aux chercheurs du vin à leur moulin. Vous me direz que la septicémie, ça court pas les rues mais bien d’autres bienfaits sont attribués au p’tit rouge comme au gros, tels que la prévention de la formation des caillots de sang et le rôle joué contre le cancer. Et savez-vous pourquoi je suis encore des vôtres? Parce que j’ai bu mon verre comme les autres !
Un Ricard ça va
Deux Ricards bonjour les gamelles !
Ils peuvent le faire ! Il y aurait exactement 367 femmes en France qui porteraient le voile intégral, soit le niqab ou la burqa. C’est proprement phénoménal. 367 ! Pas une de plus, pas une de moins. Ce sont les services du ministère de l’Intérieur qui ont compté ces dames. Ils sont tellement doués qu’ils ont su discerner dans le lot pour les décompter celles et ceux qui s’étaient déguisés le jour du carnaval, et ils ont rajouté au cheptel celles qui ne sortent de chez elles qu’à la nuit tombée. Difficile pourtant, pour ces dernières de les distinguer dans le noir ! Vraiment trop fort ! « Pendant qu’on vous tient, Mesdemoiselles, mettez vous en rang qu’on vous compte ! » Mais n’est-il pas inquiétant de savoir qu’en ce pays, de petits génies puissent être capables de telles prouesses. Allez donc savoir si parmi vous, chères lectrices et chers lecteurs, on n’aurait pas comptabilisé celles et ceux qui font abstinence de culotte lorsqu’elles sortent de chez elles. Treize millions cent six mille cent vingt quatre peut-être, un peu plus ou un peu moins, allant cul nu par les chemins et par les rues, et tout ça sous l'oeil inquisiteur du ministère de l'intérieur. Je ferais mieux de retirer le doigt de mon nez , je sens qu’on me surveille !
Anita : Bon ! Maintenant qu’il est mort, j’espère qu’on va dégoter quelqu’un de capable pour le remplacer. Un ou une ayant plus de jugeote, agréable de sa personne, et ne souffrant pas de schizophrénie. Il va falloir être exigeant sur le casting.
Camomille : Mais qu’est-ce que tu racontes ? Il n’est pas mort le bougre ! Il a juste eu un malaise vagal !
Anita : Ah bon ! C’est la meilleure ! Et tu me sors de ma sieste pour cette peccadille ! Faut pas pousser la mémé ! Du malaise vagal, c’est pas pire qu’un pet dans le ventre. Maria Rosa en fait deux par semaine et on appelle pas le prêtre pour autant, ni les urgences d’ailleurs. Ce genre de malaise, ça arrive le plus souvent sur le siège des cabzincs ou quand tu laces tes souliers. Faut s’allonger un moment et laisser passer. Ceux qui vont à l’hosto pour ça , ce sont des chochottes !
Camomille : C’est pendant qu’il courait dans le parc de Versailles que ça lui est arrivé. Il a dû se mettre dans le rouge !
Anita : T’es pas un peu naïve ? C’est sur les chiottes que ça lui est arrivé mais c’était plus diplomatiquement correct de dire qu’il faisait son jogging. D’ailleurs, regarde ! Féfé et les mémés ont même pas sorti les bouteilles de champ. C’est un signe qui ne trompe pas sur la bénignité de la chose. Mais dis moi ? Aurais-tu essayé pendant mon sommeil tes exercices de parapsychologie ? Serais tu revenue à tes dons de jeteuse de sort ?
Camomille : Peut-être un peu, mais je devais manquer de concentration.
Anita : Ben la prochaine fois, essaie d’y mettre un peu plus de conviction ! Du coup, j’ai zappé l’arrivée du tour avec cet endormissement passager.
Camomille : Rassure toi ! Y a rien eu de folichon ! C’est Tador qu’est resté en jaune pour parler poliment ! Ce tour aura été d’une tristesse !
Anita : C’est bien vrai ça ! A par un ou deux coups de carabine à plomb au détour d’un chemin qui nous ont laissées sur notre faim, c’a été un peu tristounet.
Camomille : Même pas un petit scandale de dopage venant éclabousser la course ! De la seringue qui traîne derrière les poubelles, du coton imbibé de raisiné sous le lit de l’hôtel, pas de coma éthylique sur la route. Bref ! La course au bout de l’ennui !
Anita : Se dopent-ils encore ? Je me pose toujours la question.
Camomille : Le Doptil est paraît-il en grande vogue depuis quelques mois. Un produit volatile d’exception. Soit tu l’ingères, soit on te l’inocule.
Anita : C’est scabreux ton explication ! Si les lingères reculent, comment veux tu, comment veux-tu qu’on les inocule ?
Camomille : Je suis on ne peut plus sérieuse ! Le Doptil 50 qui n’a pas encore son générique a un pouvoir de déplacement dans l’organisme. Pour ce qui est de la prise d’urine, le simple fait de sortir ta zigounette envoie le produit dopant dans le ventricule gauche . Et au moindre contact de la seringue sur une veine, ça t’envoie la dope dans la capsule surrénale. Ni vu, ni connu ! Le Doptil appartient à cette nouvelle génération de dopants appelés communément les « Va et Vient » ou aussi « Un coup j’ te vois, un coup j’ te vois pas » . Les équipes en auraient importé des caisses de l’Alaska.
Anita : Pétouille ! J’te savais pas aussi attentive aux progrès de la science ! Les coureurs ont de beaux jours devant eux ! Armstrong va revenir plus fort que jamais et il en a pour dix à vingt ans encore. Le Doptil 50 ! Tu m’en diras tant !
Camomille : Allez ! Je retourne à ma contemplation ! Je ne me lasse pas de regarder la mer.
Anita : Oué ! Moi aussi. Je pourrais rester des heures à regarder la mer.
Camomille : Le cœur abasourdi les pensées de travers.
Anita : Humm ! Ça m’dit quelque chose ces mots là ! Ne serais tu pas ce fier bateau qu’on vit un jour partir ?
Camomille : Oué ! Et qui n’en finit plus de ne plus revenir…
Chers Parents,
« De passage à Marion dans l’Indiana où nous passons notre voyage de noces, nous avons une pensée pour vous Papa, Maman, et toi ma petite sœur Scarlet. » Il fait chaud, mais ça reste
supportable. Nous ne disposons pas de vues de la région mais nous vous envoyons la photo du spectacle auquel nous avons assisté. Deux noirs à qui on
a réglé leur compte . Il paraît qu’ils ne l’ont pas volé. Nous vous embrassons tendrement. Votre fille Jane qui vous aime. »
Un peu de fiction de ma part pour faire parler ces gentils spectateurs qui assistent avec beaucoup d’autres au lynchage de deux afro-américains le 7 août 1930 à Marion dans l’Indiana. La photographie provient de l'exposition choc des Rencontres photographiques d'Arles sur les lynchages du siècle dernier aux Etats-Unis. « How we do this ? » ( Comment avons pu faire cela ? ) Telle est la question qui accompagne l’Expo. Et pourtant , ils l’ont fait ! Au total, c'est plus de 70 photos de scènes d'exécutions réalisées entre 1900 et 1930 dans le sud des Etats-Unis qui sont présentées pour la première fois au public européen. La grande majorité de ces lynchages concerne des noirs, pendus, brûlés et torturés, bien souvent avant même d’être jugés. Prises en souvenir, ces photos ont quelquefois été transformées en cartes postales et envoyées à la famille pour témoigner de ce glorieux trophée. Ma carte postale prend finalement une dimension réaliste ! Dans un premier temps, on se dit qu’exposer l’horreur pour l’horreur relève de l’ignoble. On aimerait tellement restituer leur identité à ces deux pantins pendant au bout d’une corde, connaître leur vie, leur histoire et les réhabiliter pour l’éternité. Et puis, heureusement, on apprend que d’autres avant nous l’ont fait comme les membres du Centre pour les Droits civiques et humains d’Atlanta. Finalement, la photo prend une autre dimension et elle en deviendrait si j’ose dire plus humaine et porteuse d’enseignement. Les deux suppliciés ont un nom : Thomas Shipp et Abram Smith. Ils avaient été arrêtés la nuit d'avant, accusés d'avoir volé et assassiné un ouvrier blanc et violé sa petite amie. Une grande foule a pénétré par effraction dans la prison à l'aide de masses et a battu les deux hommes avant de les pendre à un arbre. Les officiers de police présents dans la foule participèrent au lynchage . Coupables ou pas, les deux hommes ont payé avant tout pour leur négritude. Mais là, n’est pas l’objet de mon scénario et j’en reviens à mes fiancés de l’an 1930 si vous voulez toujours me suivre dans ma fiction et m’aider à écrire le roman. Que sont-ils devenus après s’être tant amusés près du gibet ? Ont-ils eu des enfants qu’ils ont câliné le soir avant leur sommeil ? Ont-ils assisté à d’autres spectacles aussi riches en sensations ? Quel âge auraient-ils aujourd’hui ? Cent ans peut-être, un peu moins ou davantage. Que les suppliciés me pardonnent car c’est vers ces rieurs de l’horreur que mon intérêt se porte. Si ma fiction allait son chemin, le héros vengeur de mon roman les aurait pourchassés sans relâche jusqu’à leur faire renifler la corde de la haine.
( Un photographe Laurent Beitler, prit une photographie des corps pendant de l'arbre entouré par la foule. Cela marqua
beaucoup de personnes dont Abel Meeropol qui composa en 1937 Strange Fruit, reprise ensuite par la chanteuse afro-américaine Billie
Holiday.)
TROU DU CUL DU WEB ! Tout de même ! Mais où va donc se nicher l’irrespect ? Je ne suis pas assez référencé sur le Web pour m’arroger le droit de présenter les excuses de tous les internautes de France à Sa Grandeur. Mais j’en rougis de honte tellement cette impudence dépasse toutes les bornes. On a beau ne pas aimer, on n’en demeure pas moins un républicain respectueux de la Gouvernance. TROU DU CUL DU WEB ! Pourquoi pas le Président de la raie publique tant qu'on y est ? Décidément, nous vivons une époque où la morale s’affaisse !
Pas bon pour les fous et donc nocif pour ma pomme ! Le vent souffle en rafales depuis bientôt 24 heures et je dois dire que j’ai rarement vécu un tel phénomène. Ce soir à Grenoble, et alors qu’il fait nuit , la chaleur reste étouffante puisqu’il ne fait pas moins de 32°C ! Ceci est lié au foehn, vent qui, en descendant des montagnes se comprime et provoque cet air chaud. Les météorologues expliquent ce réchauffement par un phénomène de détente adiabatique. C'est donc plus simple que je le pensais. "Adiabatique! " on connaît que ça ! La nuit dernière, la température minimale a atteint 27°C à St-Martin-d’Hères et 29°C à Vizille. Il s’agit de la nuit la plus chaude jamais enregistrée sur la région ! La nuit va être difficile et je ne réponds pas de mes actes. Je suis bien fichu de faire une crise adiabatique. Qu’on m’attache jusqu’au matin !






































































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