Camomille : Oh rage ! On est des poires ! Ignoble villenie ! Télévision pourrie!
Anita : Télécouille de Sarcouille pour les Bedouilles !
C : Tous les grains de millet macérés dans le Sherry ne sauront taire notre dépit !
A : Expliquons nous tout de même ! Le lecteur s’interroge et ne sait d’ou nous vient cette colère soudaine.
C : Vers les huit heures tapantes, en ce dimanche soir, Ferdinand et Rosa ont frappé à la porte pour venir suivre leur série de télé préférée : l’ Inspecteur Lewis.
A : Ils n’ont pas la téloche et la patronne les reçoit sans faire de façon. Avant le début du programme, ils ont pris le temps de se taper un Gin Fizz avec Mme de Longeville et d’en préparer d’autres pour la soirée. Nous aussi, on a la permission du soir. On aime bien ce qui est anglo-saxon !
C : Huit heures et demie! Y prennent place sur le canapé. A l’écran, y a le tournoi de Relent Craignosse. Bon! ils n’en n’ont donc pas fini ! Ça ne saurait tarder.
A : Mais pourquoi cette insistance dans la baballe à l’heure de nos programmes !
C : Vous avez deviné chalands qui passent ! C’est Mauresmo qu’est sur le court ! Donc notre petit pays franchouillard retient son souffle . On en est pourtant qu'au premier tour! Heureusement, au tennis, on nous fait la grâce de la Marseillaise. Tant mieux, parce qu’avec les siffleurs qu’on a au salon, ça craint du boudin ! Et si des fois, par accident, la joueuse helvétique franco de port venait à battre la petite blondinette d’en face ! Anna Lena Groenefeld qu’elle s’appelle ! Trop gentillette pour avoir une parenté avec Groenefeld Jacob !
A : Huit heures quarante, huit heures cinquante, neuf heures tapantes, on va forcément nous passer la série à la trappe! Pendant ce temps, ça écluse côté salon et Maman de Longeville doit faire la navette pour les glaçons.
C : Pétouille! On sent bien que Blondinette a le match en main dès le départ, mais avec le tennis, c’est le défi à la montre ! Quinze zéro ! La zizette à Pierrot !
A : Quinze A ! La barbe à Papa !
C : Quarante trente ! Amélie va s’prendre une trempe !
A : Jeu, premier set ! Ana-Lena Groenefeld !
C : Et ça continue encore et encore ! Une manche ça suffit pas ! Y faut qu’elles en fassent une autre. Ça prend la même tournure. C’est la déconfiture sur le court et c’est la grosse biture dans le salon.
A : Mais pétouille, pourquoi nous escorbiner avec ça ! Les gradins sont à moitié vides ou à moitié pleins à Auteuil et la télé persiste à nous sucrer la série. Tout ça pour Amélie !
C : On s’en tamponne d’Amélie !
A : Ça y est, c’est fini ! Balle de match! C'est dans la poche pour Ana! Neuf heures et demie ! Amélie se tire vite fait sans dire au revoir. C’était bien la peine de lui donner de l’antenne ! Malotrue ! Même au golf, elle serait mal au trou ! Bien sûr, c’est cuit pour l’Inspecteur Lewis ! Tout le monde ronfle dans le fauteuil ! Si ça se trouve, c’est nous qu’allons assurer l’extinction des feux !
C : La patronne a un sursaut. L’instinct de survie comme elle le dit si bien ! Elle se lève, toujours digne, va éteindre le poste et part à ses ablutions . Les deux amants octogénaires ronflent de plus belle.
A : Fais chier cette Amélie !
C : Jamais on va dormir ! T’entends le vacarme que font Roméo et Juliette ?
A : On dirait un raz de marée ! Un atterrissage de supersonique !
C : Dis ! Anita ! Tu y as pas pensé ?
A : A quoi ? C’est pas ton anniversaire !
C : Bedouille ! C’est notre centième ! Et on est toujours là !
A : Nous sommes des filles debout !
C : Oui ma belle ! L’avenir est devant nous ! Surtout, ne nous retournons pas !
A : Bonsoir au monde et à toute la terre !
C : Bonsoir aux forêts et à la mer !
A : Bonsoir à la p’tite Julie et à tous les enfants du monde !
C : Bonsoir à tous ceux qui nous aiment et même à ceux qui nous aiment pas ! C’est notre centième !
A : Bonsoir à Amélie alors ?
C : Pfff ! Bonsoir à Amélie ! Quarante-Zéro ! On va faire dodo !
A : Ç’est notre centième et je vais en pousser une ! Mais attention ! Ce sont pas mes adieux au music-hall ! Tu peux m’accompagner ! Tu la connais et Amélie aussi !
♫
C'est dans un coin du bois d'Boulogne
Que j'ai rencontré Amélie
Elle arrivait de la Bourgogne
Et moi j'arrivai en Taxi
Je trouvai vite une occasion
D'engager la conversation
Il faisait un temps superbe
Je me suis assis sur l'herbe
Amélie aussi
J'pensais les arbres bourgeonnent
Et les gueules de loup boutonnent
Amélie aussi
Près de nous sifflait un merle
La rosée faisait des perles
Amélie aussi
Un clocher sonnait tout proche
Il avait une drôle de cloche
Amélie aussi
Afin d'séduire la petite chatte
Je l'emmenai dîner chez Chartier
Comme elle est fine et délicate
Elle prit un pied d'cochon grillé
Et pendant qu'elle mangeait le sien
J'lui fit du pied avec le mien
J'pris un homard sauce tomates
Il avait du poil au pattes
Amélie aussi
Puis une sorte de plat aux nouilles
On aurait dit une andouille
Amélie aussi
Je m'offris une gibelotte
Elle embaumait l'échalotte
Amélie aussi
Puis une poire et des gaufrettes
Seulement la poire était blette
Amélie aussi
L'Aramon lui tournant la tête
Elle murmura " quand tu voudras "
Alors j'emmenai ma conquête
Dans un hôtel tout près de là
C'était l'hotêl d'Abyssinie
Et du Calvados réuni
J'trouvai la chambre ordinaire
Elle était pleine de poussière
Amélie aussi
Je m'lavai les mains bien vite
L'lavabo avait une fuite
Amélie aussi
Sous l'armoire y avait une cale
Car elle était toute bancale
Amélie aussi
Y avait un fauteuil en plus
Mais il était rempli d'puce
Amélie aussi
Et des draps de toiles molles
Me chatouillaient les guiboles
Amélie aussi

























En matière de dépenses excessives pour l’année 2007,





































































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