Commentaires Récents

MOTS EN FOLIE

accumulation : succession de mots appartenant à la même catégorie grammaticale procurant une double jouissance d'écriture 

Ex: le poème de Michel Leiris ( Le ruban au cou d'Olympia)

Mon amante,
mon amie,
ma mascotte,
mon totem,
mon talisman,
ma manne,
mon chanvre indien, etc. etc .

Essai de Gilren : (Mots d'amour à une femme enrobée)

  Ma tabatière, ma bonbonne, ma couette,mon édredon, ma bouée, mon tonneau, etc...etc... 

agrammaticalité : écriture d'un texte ne respectant pas les règles de grammaire
Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons ( Renaud)

Et je mourirai cerclé de rigolos ....( J. Brel)

Tu être jolie beaucoup
Moi être zinzin de ta fantaisie
Tu rendre moi fou de vous
Car tu être belle à l'infini ( R. Gotainer)

acronyme: terme formé par les initiales des mots composant une expression :
medef : mouvement des enfoirés des entreprises en faillite
ump :union des margoulins de la politique
pc: papier cul
edf : électrocutés de France .....
 

amphigouri : texte absurde composé d'antithèses

un jour qu'il faisait nuit, je dormais éveillé
le vacarme inaudible pénétrait le néant
 

anadiplose : reprise pour le début d'un vers la fin du précédent

J'en ai marre
Marabout
Bout d'ficelle ......
 

anagramme : redistribution des lettres d'un mot pour en créer un autre différent

Boris Vian : Bison Ravi
Salvador Dali : Avida Dollars
 
 

anti-métabole: permutation des mots pour obtenir un nouvel énoncé

Ci-git un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien:
Le bien qu'il fit, il le fit mal,
Le mal qu'il fit, il le fit bien .
 

a-peu-près : modification d'un énoncé en jouant sur des sonorités voisines

Elle l'accueillit à draps ouverts.
Elle lit des romans à l'eau d'Eros.
Ils mettaient du corps à l'outrage. ( Jacques Pater)

attelage : liaison dans une phrase entre un terme concret et un terme abstrait 

Je prends ma valise et mon courage à deux mains .
Après avoir sauté sa belle soeur et le repas de midi, le Petit Prince reprit ses esprits et une banane . (P. Desproges)

au pied de la lettre : prendre des métaphores au pied de la lettre

Ne pas utiliser un pouboire pour manger .
Chercher un chiffon pour essuyer une tempête .....

calembour : jeu de langage fondé sur la différence  de sens entre deux homophones

C'est en sciant que Léonard devint scie . (Francis Blanche)

charabia : énoncé incohérent dû à des erreurs syntaxiques ou lexicales

Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l'aie dépassé m'a suivie,c'est alors qu'elle m'a choquée en plein derrière et m'a forcée par là à choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant . 

contrepétrie : permutation des lettres ou des syllabes afin d'obtenir un nouvel énoncé le plus souvent grivois

Martine revient de la ferme pleine d'espoir .
Superman a une bouille incroyable.
Quel beau métier,professeur!
Le vent soufflait dans la rue du quai.
Une sorte de rage lui tenait lieu de verve.
Le peintre a mis le couchant en valeur .

cortège : rédiger un poème en associant pour chaque vers deux expressions dont on permute les éléments

Un vieillard en or avec une montre en deuil
Une reine en peine avec un homme d'Angleterre
Des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer ...( Jacques Prévert)

 

 

cryptogramme: message composé à partir d'un code secret

          I.C
        I.E.S.T
     L.E.C.H.E.M
        I.N.D.E.
      S.A.N.E.S.

cryptonyme: nom propre dissimulé à l'intérieur d'une phrase

J'ai deux gaules pour aller à la pêche .
Il faut qu'elle agisse car après ce sera trop tard.
Parmi tes rangs d'oignons, insère quelques radis!

kakemphaton: signification indésirable se superposant au sens premier d'une phrase pour des raisons d'homophonie

Je suis romaine, hélas, puisque mon époux l'est . (Corneille)
Il sortit de la vie comme un vieillard en sort.( V.Hugo)
Amoureux de la belle, il écrasa l'époux .

palendrome: mot qui conserve le même sens lu de gauche à droite ou inversément

Anna, Ubu, été,radar,Laval .....

paronomase: rapprochement de mots phonétiquement proches mais de sens différents

les lingères légères (Eluard) 
les beaux-arts bizarres ( Ionesco) 
les sueurs de l'amour et les suaires de la mort (Volmert)






























































































































































































































L'oiseau Lyre







 
Coucher de soleil en montagne

Jon regarda le ciel ouvert devant eux. Le soleil avait complètement disparu  derrière l’horizon, mais la lumière continuait d’illuminer les nuages. En bas, très loin sur la vallée, il y avait une ombre légère qui voilait le relief. On ne voyait plus le lac, ni les collines, et Jon ne pouvait pas reconnaître le pays. Mais le ciel immense était plein de lumière, et Jon vit tous les nuages, longs, couleur de fumée, étendus dans l’air jaune et rose. Plus haut le bleu commençait, un bleu profond et sombre qui vibrait de lumière aussi,  et Jon aperçut le point blanc de Vénus, qui brillait seul comme un phare.
J.M.G. Le CLEZIO


 

 

 

 

Brouillard

 La vallée étroite où serpentait la rivière  s’embrumait alors pendant cinq mois. Des brouillards légers flottaient d’abord sur les prairies, rendant tous les fonds pareils à un grand étang d’où émergeaient les toits des maisons. Puis cette nuée blanche, montant comme une marée, enveloppait tout, faisait de ce vallon un pays de fantômes où les hommes glissaient comme des ombres.

Guy de MAUPASSANT

 












Automne en forêt

La forêt était à une heure de grande beauté. L’automne somptueux dorait toutes les cimes. Le vent rebroussait la tignasse fauve des vieux chênes. Le blond pâle des acacias et des tilleuls se mêlait aux tons chauds des hêtres et des érables , au rouge  éclatant  des merisiers . La forêt était à une heure de grande beauté, mais on devinait cette beauté menacée et fragile . Déjà, les feuilles mortes jonchaient le sol ; d’autres, sous les brusques assauts du vent, se détachaient des branches et tourbillonnaient comme une volée d’oiseaux apeurés .

 E. PEROCHON

 

 

 

 

 


 


Chemin de Provence

  

Il était bien joli ce chemin de Provence. Il se promenait entre deux murailles de pierres cuites par le soleil, au bord desquelles se penchaient vers nous de larges feuilles de figuier, des buissons de clématites, et des oliviers centenaires. Au pied des murs, une bordure d’herbes folles et de ronces, prouvait que le zèle du cantonnier était moins large  que le chemin. J’entendais chanter les cigales, et sur le mur couleur de miel, des lézards immobiles, la bouche ouverte, buvaient le soleil.
Marcel PAGNOL


    

 









Campagne sous la neige

En une nuit, toute la plaine fut ensevelie. Les fermes, isolées dans leurs cours fermées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s’endormir sous l’accumulation de cette mousse épaisse et légère. Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls, les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel. On n’entendait rien que le glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours. Cela dura huit jours pleins, puis l’avalanche s’arrêta.

 
Guy de MAUPASSANT




 

 

 




Le feu

La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les trois heures du matin .

Depuis, elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes ; son ventre de flammes suit; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance . Un coup de griffe à droite, un à gauche; ici, elle éventre une chênaie, là elle dévore d’un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pins . Le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction . On dirait qu’elle sait où elle va .

 

 Jean GIONO

 

Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 10:18

Publié dans : Lectures - Par gilren

L'analysteJohn Katzenbach ! Ça vous dit quelque chose ? « L’affaire du Lieutenant Scott », « Une histoire de fous », « Un été pourri », « Juste Cause », ces deux derniers ayant été adaptés au cinéma et puis bien sûr « L’analyste » que je lis actuellement et dont je vous propose le premier chapitre. Une fois n’est pas coutume, je viens rendre compte d’un roman alors que je n’en suis pas encore à la moitié. Du coup, je ne risque pas de vous dévoiler la fin. C’est du grand art et ce Monsieur Katzenbach confirme avec ce thriller  qu’il est un auteur de génie . Il est des polars qu’on se hâte de finir pour en connaître le dénouement car ils sont bons. Il en est d’autres comme « L’analyste » qu’on fait durer car ils sont très bons. A lire absolument ou plutôt,  à vivre intensément !




 

 PREMIERE PARTIE

UNE LETTRE DE MENACES

1.

L’année où il s’attendait vraiment à mourir pour de bon, le jour de son cinquante-troisième anniversaire, il passa le plus clair de son temps, comme les autres jours, à écouter des gens se plaindre de leur mère. Des mères négligentes, des mères cruelles, des mères sexuellement provocantes. Des mères décédées, mais toujours vivantes dans l’esprit de leurs enfants. Desmères encore vivantes, que leurs enfants avaient envie de tuer. En particulier M. Bishop, ainsi que Mlle Levy, mais aussi le pauvre Roger Zimmerman, qui partageait son appartement de l’Upper West Side – et, apparemment, la totalité de sa vie éveillée et des rêves dont il se souvenait si précisément – avec une femme hypocondriaque, manipulatrice et acariâtre qui semblait n’avoir d’autre objectif que de gâcher tous les efforts que déployait son fils pour conquérir son indépendance…Tous, ce jour-là, passèrent la totalité de leur séance à déverser du vitriol sur les femmes qui les avaient mis au monde.

Il écoutait calmement ces accès de haine meurtrière. Il se contentait de glisser de temps en temps une remarque neutre, sans jamais interrompre le flot de rage qui montait du divan comme un vomissement. Il souhaitait seulement que le patient respire à fond et prenne un peu de distance, pendant un instant, pour découvrir de quoi il s’agissait réellement : de la haine de soi. Grâce à sa formation et à son expérience, il savait que, après avoir déversé leur bile pendant des années dans l’univers singulièrement isolé du cabinet de l’analyste, tous ses patients – y compris le pauvre Roger Zimmerman, désespéré et infirme – finiraient par atteindre à cette conscience d’eux-mêmes.

Mais, à cause de son anniversaire – ce rappel direct de sa propre mortalité –, il se demandait s’il disposait d’assez de temps pour voir chacun d’eux parvenir à cet instant d’acceptation de soi qui est l’eurêka de l’analyste. Son propre père était mort juste après avoir eu cinquante-trois ans, le coeur usé par des années de tabac et de stress, et il savait que ce souvenir était tapi, imperceptible et malveillant, sous sa conscience. C’est alors qu’il fut légèrement distrait. Le déplaisant Roger Zimmerman continuait de geindre – il n’avait pas l’intention de faire autre chose jusqu’aux dernières secondes de sa séance. Il cessa de lui accorder toute l’attention nécessaire en entendant le faible bourdonnement, par trois fois, de la sonnette qu’il avait placée dans la salle d’attente.

C’était le signal habituel de l’arrivée d’un patient. Dès la première séance, chacun de ses clients était invité à signaler sa présence en sonnant deux coups brefs puis un long. Cela lui permettait de ne pas confondre avec le coup de sonnette d’un courtier, d’un releveur de compteurs, d’un voisin ou d’un livreur quelconque se présentant à la porte d’entrée.

Sans modifier sa position, il jeta un coup d’oeil à son agenda posé à côté de la pendule sur la petite table, près de la tête du patient et hors de la vue de celui-ci. La case de six heures était vide. La pendule indiquait six heures moins douze. Roger Zimmerman, sur le divan, eut l’air de se tendre.

— Je croyais être toujours le dernier de la journée.

Il ne répondit pas.

— Personne n’est jamais venu après moi, du moins pas que je me souvienne. Pas une seule fois. Est-ce que vous auriez modifié votre planning sans m’en parler ?

Il restait toujours silencieux.

— Je n’aime pas l’idée que quelqu’un vient après moi, fit Zimmerman d’un ton catégorique. Je tiens à être le dernier.

— Pourquoi donc ? demanda-t-il enfin.

— D’une certaine manière, être le dernier, c’est être le premier, répondit Zimmerman d’un ton péremptoire qui suggérait que n’importe quel crétin aurait pu s’en rendre compte.

Il hocha la tête. La remarque de Zimmerman était bizarre mais assez juste. Mais comme il y semblait condamné à jamais, le pauvre homme l’avait exprimée à la fin de sa séance. S’il l’avait formulée au début, cela leur aurait permis d’avoir un dialogue plus constructif pendant cinquante minutes.

— Essayez de reprendre cette idée demain, dit-il. Nous pourrions commencer par là. Je crains que notre temps ne soit écoulé, pour aujourd’hui.

Zimmerman hésita, puis se leva.

— Demain ? Corrigez-moi si je me trompe, mais demain, c’est le dernier jour avant que vous ne preniez ces foutues vacances d’août, comme vous le faites chaque foutue année. Quel bien voulez-vous que ça me fasse ?

Une fois de plus, il s’abstint de répondre, laissant la question flotter dans l’air au-dessus de la tête du patient. Zimmerman renifla bruyamment.

— De toute façon…celui qui attend là, dehors, il est sans doute plus intéressant que moi, hein ? fit-il d’un ton amer.

Il posa les pieds par terre et leva les yeux vers le docteur.

— J’ai horreur des changements, dit-il sèchement. Je n’aime pas ça du tout.

Il le regarda d’un air lourd de sous-entendus et se leva en secouant les épaules. Un grognement lui déforma les traits.

— Normalement, ce doit être toujours pareil. J’entre, je m’allonge, je commence à parler. Je suis le dernier patient de la journée. Voilà comment ça doit se passer. Personne n’aime le changement.

Il soupira, mais cette fois c’était plus pour montrer sa colère que sa résignation.

— Très bien. Alors, à demain. Dernière séance avant que vous ne partiez à Paris, à Cape Cod ou surMars, qu’importe, là où vous allez en me laissant tout seul, comme un…

Zimmerman pivota brusquement et traversa la petite pièce d’un pas décidé. Il sortit sans jeter un regard derrière lui.

Il resta un moment dans son fauteuil, à écouter les pas de l’homme en colère disparaître dans le couloir de l’immeuble. Puis il se leva. Le poids de l’âge se faisait sentir. Ce long après-midi sans bouger, derrière le divan, avait raidi ses muscles et ses articulations. Il se dirigea vers l’entrée du cabinet : une seconde porte donnait sur sa petite salle d’attente. A certains égards, cette pièce bizarrement agencée où il avait établi sa pratique, de nombreuses années auparavant, était unique. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il avait loué cet appartement après la fin de son internat. C’était aussi la raison pour laquelle il était encore là, plus d’un quart de siècle plus tard.

Le cabinet avait trois portes. L’une donnait sur le hall d’entrée, dont il avait fait une minuscule salle d’attente ; une autre donnait directement sur le couloir de l’immeuble ; la troisième lui permettait d’accéder à la modeste cuisine, au salon et à la chambre à coucher constituant le reste de l’appartement. Son cabinet était une sorte d’îlot personnel, avec des portails ouverts sur ces autres mondes. Il y pensait souvent comme à un espace intermédiaire, un pont jeté entre des réalités distinctes. Cela lui plaisait : il se disait que le fait que le cabinet soit séparé du monde extérieur contribuait à lui rendre la tâche plus facile.

Il ignorait lequel de ses patients était venu sans rendez-vous. Il était d’ailleurs incapable de se rappeler qu’un seul d’entre eux ait agi ainsi durant toutes ses années de pratique.

Il ne voyait pas du tout quel patient pouvait être suffisamment en crise pour décider d’un changement aussi grave dans les relations entre l’analyste et l’analysé. C’était sur la routine que se fondait son travail, la routine et la répétition, où les mots prononcés dans le sanctuaire artificiel mais absolu du cabinet finissent par paver les chemins de la compréhension. Là-dessus, Zimmerman avait raison. Le changement allait à l’encontre de leurs efforts. Il traversa le cabinet d’un pas vif, impatient, légèrement troublé à l’idée qu’un événement pressant s’était introduit dans une vie qu’il trouvait souvent beaucoup trop calme et tout à fait prévisible.

Il ouvrit la porte de la salle d’attente et regarda devant lui.

La pièce était vide.

Tout d’abord, il fut désorienté. Peut-être avait-il imaginé le coup de sonnette. Mais M. Zimmerman l’avait entendu lui aussi, et lui aussi avait reconnu la séquence indiquant qu’un habitué se trouvait dans la salle d’attente.

— Ohé ? fit-il, sachant que de toute évidence il n’y avait personne pour lui répondre.

Son front se plissa sous l’effet de la surprise, et il remonta les lunettes cerclées de fer qui lui tombaient sur le nez.

— Bizarre, dit-il à voix haute.

C’est alors qu’il remarqua l’enveloppe posée sur la chaise qu’il mettait à la disposition de ses patients. Il expira lentement et secoua la tête. Il se dit que c’était un peu trop mélodramatique, même pour quelqu’un qui était en traitement chez lui.

Il prit l’enveloppe. Il vit son nom, dactylographié.

— C’est très bizarre, répéta-t-il.

Il hésita avant d’ouvrir la lettre. Il la leva devant ses yeux, comme Johnny Carson dans son numéro classique de Carnac le Magnifique, essayant de deviner lequel de ses patients avait pu la déposer là. Mais cela ne ressemblait à aucune des dix ou douze personnes qu’il voyait régulièrement. Ils préféraient tous exprimer de vive voix leurs doléances sur ce qu’ils considéraient comme ses nombreux défauts et insuffisances. Ils le faisaient directement et souvent – cela faisait partie du processus, même si c’était parfois irritant.

Il déchira l’enveloppe et en sortit deux feuilles de papier dactylographiées. Il n’en lut que la première ligne : Heureux 53e anniversaire, docteur. Bienvenue au premier jour de votre mort.

Il inspira brusquement. L’air confiné de l’appartement lui faisait tourner la tête. Il s’appuya au mur pour ne pas tomber.

Le Dr Frederick Starks, un homme qui faisait de l’introspection son métier, vivait seul, hanté par les souvenirs d’autres individus.

Il se dirigea vers le petit bureau antique en érable que sa femme lui avait offert quinze ans plus tôt. Cela faisait trois ans qu’elle était morte, mais, quand il s’asseyait à son bureau, il lui semblait entendre le son de sa voix. Il posa les deux feuilles l’une à côté de l’autre, sur le sousmain. Il se dit que, depuis longtemps, il n’avait jamais eu peur de quoi que ce soit. La dernière chose qui lui avait fait peur, c’était le diagnostic du cancérologue de sa femme. Maintenant, il avait sur la langue ce goût sec et acide, aussi fâcheux que l’accélération de son rythme cardiaque.

Il prit une seconde ou deux pour essayer de calmer ces battements. Il attendit patiemment, jusqu’à ce qu’il sente le rythme redescendre lentement. Il avait, en cet instant précis, une conscience aiguë de sa solitude et il haïssait le sentiment de vulnérabilité qu’elle faisait naître en lui.

L’existence de Ricky Starks – peu de gens savaient combien il préférait ce diminutif, qui lui rappelait le temps du lycée, à « Frederick », qu’il trouvait trop sonore – était fondée sur l’ordre et sur l’habitude. Il était fidèle à une régularité à la limite du rituel, et certainement proche de l’obsession. Placer son existence quotidienne sous le signe de la raison était indispensable pour essayer de comprendre quelque chose à l’agitation et au chaos que ses patients lui décrivaient jour après jour. Physiquement, ce n’était pas un homme très robuste – un peu plus d’un mètre soixante-quinze, un corps qui restait mince, presque maigre grâce à son habitude d’aller marcher d’un bon pas chaque jour, à l’heure du déjeuner, et à son refus acharné de céder à sa passion secrète pour les glaces et les desserts.

Il portait des lunettes, ce qui n’était pas extraordinaire pour un homme de son âge. Mais il était fier de n’avoir besoin que de verres au degré de correction peu élevé. Il était aussi très fier de constater que, même s’il perdait un peu ses cheveux, ils se dressaient encore sur son crâne comme des épis dans un champ de blé. Il avait cessé de fumer et ne buvait que très rarement. Un verre de vin, le soir, parfois, pour trouver plus facilement le sommeil. Cet homme habitué à la solitude ne craignait pas de dîner seul au restaurant ou d’aller seul au cinéma ou au théâtre. Il considérait que son état général, physiquement et mentalement, était excellent. La plupart du temps, il se sentait beaucoup plus jeune que ses cinquante-trois ans. Mais il avait une conscience aiguë d’entrer dans l’année que son père n’avait jamais dépassée et, malgré l’absurdité de cette pensée, il s’était toujours dit qu’il ne dépasserait pas cinquante-trois ans, lui non plus, comme si cela eût été injuste ou de mauvais goût. Et pourtant, se dit-il en posant les yeux sur les premiers mots de la lettre, je ne suis pas encore prêt à mourir. Puis il continua à lire, lentement, s’arrêtant à chaque phrase, laissant la peur et l’angoisse l’envahir.

J’existe quelque part dans votre passé. Vous avez ruiné ma vie. Vous ne savez peut-être pas comment, ni pourquoi, ni quand, mais c’est un fait. A cause de vous, chaque seconde de ma vie est sous l’influence du désastre et de la tristesse. Vous avez ruiné ma vie. Et maintenant, j’ai vraiment l’intention de ruiner la vôtre.

Ricky Starks inspira de nouveau à fond. Il vivait dans un monde où abondaient les fausses menaces et les promesses non tenues, mais il sut immédiatement que les mots qu’il avait sous les yeux étaient très différents des divagations qu’il entendait chaque jour.

Au début, je pensais vous tuer, tout simplement, pour égaliser le score. Puis j’ai compris que ce serait trop facile. Vous êtes une cible tellement facile que c’en est pathétique, docteur. Pendant la journée, vous ne fermez pas votre porte. Vous faites la même promenade à pied, du lundi au vendredi. Le week-end, vous êtes merveilleusement prévisible, y compris le dimanche matin quand vous allez chercher votre Times, avec un bagel à l’oignon et un café – deux sucres, pas de lait – au coffeeshop à la mode situé à deux rues de chez vous. Beaucoup trop facile. Il me suffirait de vous filer et de vous tuer, vous n’auriez pas la moindre chance. Et ce serait trop facile à accomplir pour que cela me procure la satisfaction nécessaire. J’ai décidé qu’il serait préférable que vous vous suicidiez.

Ricky Starks, mal à l’aise, s’agita dans son fauteuil. Il avait l’impression de sentir la chaleur que dégageaient les mots alignés sous ses yeux, comme un feu qui prend dans un poêle à bois. Elle vint caresser son front et ses joues. Il avait les lèvres sèches. Il y passa la langue, en vain.

Tuez-vous, docteur. Sautez du haut d’un pont. Brûlez-vous la cervelle avec un revolver. Jetez-vous sous un autobus. Couchez-vous sur les rails du métro. Ouvrez le gaz et soufflez la veilleuse. Trouvez une poutre assez solide pour vous pendre. Vous avez le choix de la méthode.

Mais c’est votre seule chance. Vu la nature de nos relations, votre suicide sera beaucoup plus judicieux. Et ce sera sûrement un moyen beaucoup plus satisfaisant de payer votre dette à mon égard.

Alors voici le jeu auquel nous allons jouer. Vous avez exactement quinze jours, à compter de demain matin, six heures, pour découvrir qui je suis. Si vous réussissez, vous passerez une de ces minuscules annonces, sur une colonne, qui sont en bas de la une du New York Times. Vous y inscrirez mon nom. C’est tout : inscrivez mon nom. Si vous n’y arrivez pas… eh bien, voilà la partie amusante de l’affaire. Vous verrez que j’ai inscrit sur la feuille jointe à cette lettre les noms de cinquante-deux membres de votre famille. Ils sont classés par ordre d’âge, depuis le bébé de votre petite-nièce, qui a à peine six mois, jusqu’à votre cousin, le spéculateur financier et capitaliste d’exception, qui est aussi sec et ennuyeux que vous. Si vous n’êtes pas capable de passer l’annonce comme décrit plus haut, vous aurez le choix. Vous vous tuez immédiatement ou je détruis un de ces innocents.

Détruire. Quel mot bizarre. Il peut signifier leur ruine financière. Ou leur naufrage social. Ou encore un viol psychologique.

Ce peut aussi être le meurtre. Ça vous obligera à réfléchir. Il pourra être jeune ou vieux. Un homme ou une femme. Riche ou pauvre.

Tout ce que je puis vous promettre, c’est que ce sera le genre de choses dont ils ne se remettront jamais – eux ou leurs proches –, quel que soit le nombre d’années qu’ils passeront en analyse.

Ce qui est certain, c’est que vous vivrez chaque seconde de votre vie, jusqu’à la fin de vos jours, avec l’idée que vous en êtes le seul responsable.

Sauf évidemment si vous faites le bon choix et que vous décidez de vous tuer d’abord, soustrayant ainsi ma cible, quelle qu’elle soit, au sort que je lui réserve.

Vous avez donc le choix : mon nom ou votre notice nécrologique. Dans le même journal, bien entendu.

Pour vous prouver ce que je suis capable de faire et combien je suis organisé, j’ai contacté aujourd’hui une des personnes dont le nom figure sur la liste et lui ai fait parvenir un petit message tout à fait modeste. Je vous invite à consacrer le reste de cette soirée à essayer de découvrir qui a été contacté, et comment. Ainsi vous pourrez vous mettre au travail pour de bon, dès demain matin.

Bien entendu, je ne m’attends pas vraiment à ce que vous deviniez mon identité. Alors, pour vous montrer que je suis beau joueur, j’ai décidé que, de temps en temps, pendant les quinze jours qui viennent, je vous fournirai un ou deux indices. Juste pour rendre les choses plus intéressantes, même si un type intelligent et intuitif comme vous doit se douter que cette lettre elle-même regorge d’indices. Quoi qu’il en soit, voici un avant-goût, en guise de cadeau.

Au temps jadis, la vie était drôle, vraiment,

Mère, père et petit enfant.

Mais toutes les bonnes choses se sont envolées

Quand mon père s’est embarqué.

La poésie n’est pas mon fort.

La haine, oui.

Vous pouvez poser trois questions. De celles auxquelles on répond par oui ou non.

Toujours la même méthode : les petites annonces de la une du New York Times.

Je répondrai, à ma manière, dans les vingt-quatre heures.

Bonne chance.

Vous pouvez aussi trouver un peu de temps pour prendre les dispositions nécessaires pour vos funérailles. La crémation est sans doute préférable à des obsèques sophistiquées. Je sais combien vous détestez les églises.

Je crois que prévenir la police serait une mauvaise idée. Elle se moquerait probablement de vous, et j’imagine que votre vanité aurait du mal à le supporter. Par ailleurs, ça ne pourrait que me mettre encore plus en colère, et vous ne pouvez imaginer, en cet instant précis, comme je peux être instable. Je suis capable de réagir de manière inattendue et d’employer les méthodes les plus cruelles. Mais il y a une chose dont vous pouvez être absolument certain : ma colère ne connaît pas de limites.

La lettre était signée d’un nom en lettres capitales : RUMPLESTILTSKIN.

 

 

 

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 20:04

Publié dans : Infamies - Par gilren
mouche

Après trois mois d’un  débat stérile sur l'identité nationale, les clampins se sont réunis aujourd’hui à Matignon à l’invitation du Maître d’Hôtel . Ne sachant plus trop quoi faire avec ce colis encombrant  on a finalement bricolé quelques mesures à la MMLN ( Mords moi le nœud ) D’abord une commission dont on ne précise pas si elle est petite ou grosse, la déclaration des droits de l’homme  affichée dans chaque classe, et bien sûr, le sacro-saint drapeau tricolore  suspendu à la façade de chaque établissement. Chouette ! Ça va être 14 juillet tous les jours ! On aurait pu penser à interdire les pétards. A cette panoplie, s’ajoutent le carnet du citoyen, l’instruction civique et tutti quanti, autant de gadgets déjà introduits à l’école depuis des lustres. Chevènement ! Reviens ! Ils sont devenus amnésiques ! Il y a aussi l’opération « Portes ouvertes à l’école » à destination des parents étrangers, mesure déjà entreprise elle aussi par des centaines de Principaux de collèges en ZEP depuis une trentaine d’années. L’accès à la nationalité se fera plus solennel avec une cérémonie, une signature et sans doute se fera-t-elle au garde à vous, avec une plume tricolore dans le fondement . J’allais oublier ! Il est prévu une intervention de Sarkozy à ce sujet en avril prochain. Juste le temps qu’on lui écrive son papier ! La France est un pays qui se mérite ! 

 

 

 

 

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 17:40

Publié dans : Lectures - Par gilren
napoleon le petitsarcouille 3

C’est bien volontiers que je retranscris ici cette satire que m’envoie l’ami Thierry. Ainsi parlait Victor Hugo en évoquant Napoléon III  en 1852. ( Napoléon le Petit ) Et contrairement à la formule consacrée,  toute ressemblance avec une personne ou une situation existantes  n’est aucunement fortuite . Il me restait donc à trouver les images appropriées .

«Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.» Seulement voilà, «il a pris la France et n'en sait rien faire». Dieu sait pourtant que le président se démène: «Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets; ne pouvant créer, il décrète; il cherche à donner le change sur sa nullité; c'est le mouvement perpétuel; mais, hélas! cette roue tourne à vide.»

L'homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. «Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.» On y ajoutera le cynisme car, la France, «il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue!». Triste spectacle que celui du «galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé».

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 21:42

Publié dans : Infamies - Par gilren

course chevaux


Les jeux sont faits ! Rien ne va plus ! Deux ans et des poussières avant l’élection présidentielle, on connaît déjà le résultat des courses. Grosse Canne l’emporte de 4 points devant Trois pommes à genoux. Vous pouvez jeter au panier votre carte d’électeur et prendre celle du pêcheur,  la messe est dite. Les médias en trois temps trois mouvements ont réglé la sélection côté PS et côté UMP. Le 1er tour a été une simple formalité et le second s'est joué dans la foulée. Bien plus vite qu'un conclave au vatican ! Pas de prolongations ni de tirs au but de prévus. Les sondages tirent plus vite que leur ombre . Les gugusses qui voulaient participer à la fête dans les mois à venir sont priés de rester chez eux et de ne pas moufter. Pas la peine de lever le doigt,  on ne veut voir que deux têtes ! Mesdames et Messieurs les Médias ! Ce serait pas trop vous demander qui va remporter la Coupe du Monde de football en juin prochain ? Ce serait du temps de gagné et on pourrait dès à présent s’initier au badminton.

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 20:04

Publié dans : Science en folie - Par gilren
biberon

A chaque tétée de biberon, les bébés avalent leur petite dose quotidienne de Bisphénol A . Ce n’est pas vraiment un scoop car on sait déjà depuis pas mal de temps qu’il est utilisé comme monomère pour la fabrication industrielle par polymérisation  de plastiques permettant une utilisation entre – 135 ° C et 135 °C . La polymérisation comme chacun sait désigne la réaction chimique  permettant la synthèse d'un polymère à partir de molécules réactives de faibles masses molaires appelées monomères.  Sous l'action en général de la chaleur et de la pression, il se forme un enchaînement des motifs de répétition par liaison covalente . On obtient au final des composés linéaires ramifiés  ou réticulés de masses molaires élevées que sont les macromolécules . Ce rappel élémentaire étant fait, revenons à nos petits mouflets pour conseiller à Papa et Maman de ne point trop chauffer les bibs  à haute température dans le micro-ondes surtout si ceux-ci contiennent du  Bisphénol. Et si vous le pouvez, revenez à des biberons plus classiques, en verre ou en céramique comme dans l’Antiquité. Comme chacun le sait, c’est dans les vieux biberons, qu’on fait la meilleure tétée. Et que les chaudes partisanes de la tétée au sein ne viennent pas fourrer leur mamelon dans cette histoire ! On parle ici de biberon et n’allons pas fausser le débat inutilement avec des discours philosophiques qui n’ont pas lieu d’être. Je disais donc que le bib au Bisphénol, ça craint de la tétine. On considère qu'il est potentiellement responsable de la précocité de l'apparition de la puberté et l'on soupçonne un fort effet sur le développement. Alors ne soyez pas étonnés si dès l’âge de trois ans vos petits bambins vous réclament des lames de rasoir ou des soutiens-gorges à bonnets E ou F . Pour info, sachez que 95 % des Américains hommes et femmes confondues pissent du Bisphénol  sans le savoir car vous vous doutez bien que cet intrus ne réside pas essentiellement dans le biberon du Bébé. On ne saurait énumérer tous les récipients à bouffe qui ont été polymérisés.  Et puis vous devez bien vous imaginer qu’on pisse de la même manière par chez nous. Alors, haro sur le Bisphénol, et prônons le retour à des contenants plus sains . A cet effet, je vous invite à visiter ce site original retraçant l’Histoire du Biberon. Bonne tétée à toutes et à tous !


En image: Biberon nourricier dit sabot ( Début du 20 ème siècle) En verre moulé, avec soupape ventrale intérieure amovible à large goulot droit à pas de vis, pourvu d'un bouchon de verre percé d'un trou destiné à recevoir une tétine.

 

 

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 15:21

Publié dans : Infamies - Par gilren

Où avais-je la tête ? J 'avais complètement oublié d'insérer la bande son pour
le  "Pas très Catholique 1 "

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 22:05

Publié dans : Mots d'oiseaux - Par gilren
perruches original

Anita : La trêve des cons fizeurs ne se sera pas éternisée. Dire qu’on est en plein dans les cartons et qu’il faut assurer la tribune.

Camomille : Oué ! La politique bat son plein et on ne sait plus ou donner de la tête .

A : De la politique peut-être, mais de la politique de basse cour qui refoule du nauséabond.. D’abord c’est le petit chef des mal pondus qui traficote dans les affaires de justice et qui s’occupe plus de sa petite personne que des affaires du pays.

C : Villepin président ! Villepin président ! Villepin président !

A : Non ! Pas maintenant ! C’est trop tôt pour partir en campagne. Et puis attendons de savoir si  Ségo va en être ou pas.

C : Tout de même ! Ce Matuvu est d’une mesquinerie hors du commun. Pas un brin de noblesse !

A : Un triste sire !

C : Je dirais même mieux : un Sire concis !

A : Malheureuse ! Tu veux donc que les ligues contre le racisme, contre  l’anti-sémitisme, contre l’onanisme et le j’m’enfoutisme  nous tombent dessus. C’est un véritable cataclysme que tu vas provoquer !  « Sire concis » ! Un mot  comme ça est indigne d’une républicaine !

C : Ben tu m’en diras tant ! Y avait pas de connotation islamo dynamo vertigo  judéenne dans mon propos ! Tout ça pour un p’tit bout de prépuce !

A : Ma chère ! Nous pouvons nous attaquer à nos adversaires  mais tout en respectant  les valeurs de fraternité, de générosité et d’ouverture . C’est Martine qui l’a dit

C : Je te trouve le croupion un  peu serré ce soir !  Martine j’m’en tape ! Y en a qu'une seule de Martine pour qui j'ai de la sympathie et qui vaille de l'intérêt , c'est la femme de Bernard ! La Martine moules-frites tu t'la gardes! Moi Je gazouille pour Ségolène. Dis moi aussi qu’on va y perdre son âme tant que tu y es ! Voilà bien des paroles de niquedouille ! Faudrait voir à pas me prendre pour une tête de Turc !

A : De mieux en mieux ! Voilà que tu vas nous fâcher avec Ankara ! Pour en revenir au duel sarconovillepiniste, c’est certain que mon cœur balance pour Dominique . Il est bien plus fringant que l’autre avorton avec sa tronche de fesse !

C : Personne pour croire que le procureur couperosé a fait son choix dans l’isoloir. A part peut-être le chien du concierge et Clara des Burnes . Une tête à claques qu’il a ce procureur  félon qui nous procure de la nausée.

A : Marin qu’il s’appelle le juge ! « Tête de nœud » lui conviendrait mieux !

C : Villepin président ! Villepin président ! Villepin président ! Reconnais que c’aurait du chien ! Tu imagines un peu la tête de six pieds de long qu’il ferait Trois pommes à genoux ! Juste pour ça, je serais prête à sacrifier Ségo !

A : Tu sais, on peut tirer un trait sur elle ! Comme la dernière fois, elle est pourrie par son propre camp. Et puis on n’en finit pas de nous polluer avec Grosse Canne. C’est la manip permanente.

: Laissons donc Ségo  se dépatouiller dans ses charentaises !  Elle manquera pas ensuite de les emberzigouiller un maximum. Autre chose à l’ordre du jour ?

A : Il nous faut tout de même parler de Georges, le seigneur de la Septimanie. Les socialistes parisiens sortent la grande artillerie  contre lui . Tout ça pour un truc pas très catholique ! Parisiens têtes de chiens ! Parisiens têtes de veaux !

C : J’ai bien l’impression que ça va le faire grimper de quelques points Jojo ! Les socialistes du coin vont lui être fidèles et y va se ramasser en prime les électeurs du front national. Pas bien mariole l’état major de l’apparat chic ! Mais bon ! Si c’est une histoire d’âme !

A : Moi, le Fabius, je l’aurais plutôt traité de tête de fesse ! Oecuméniquement parlant  on eut été dans le consensus .

C :  Moi, j’aurais plutôt attiré l’attention sur sa tronche de concupiscent. On aurait fait moins d’histoires à hue et à dia et peut-être qu’on s’occuperait mieux des affaires essentielles du pays.

A : Les Français ont la tête ailleurs ! Parlons de nous un peu ! Avec la patronne, on est sur le départ. Tout le club s’est éparpillé et chacun dans son foyer ! On va reprendre notre vie pépère comme avant avec bien plus d’espace.

C : Et quel choix  elle a fait la patronne ?

A : Elle hésite entre deux propositions : Forcalquier ou Marvejols . On devrait décamper d’ici incessamment  sous peu.

C : Et qu’est-ce que ça donne ces coins là ?

A : Y a de quoi poétiser ! Forcalquier se situe dans les Alpes de Haute Provence entre la Montagne de Lure et le Lubéron. C’est un chouette village médiéval et bien qu’il soit abrité, faudra se méfier du mistral. Quant à Marvejols, j’te ferai dire qu’on y a posé notre croupion en fin d’année 2008. On a fait le réveillon là-bas avec Mme de Longeville et tu avais une frousse pas possible de la bête du Gévaudan. Nos lecteurs s’en rappellent eux ! Z’ont pas une cervelle de moineau comme toi ! On y a conté nos agapes par le menu.

C : Oué, j’me souviens ! Pas très loin de Figeac d’ailleurs où on a passé du bon temps au-dessus des halles. C’est dans la Lozère. Tu vois que j’connais ma géo. ! Je dirai même au carrefour de la Margeride , de l’Aubrac et  des grandes causses. Un véritable paradis ! Je suis preneuse !

A : Je veux ma nièce ! Forcalquier ou Marvejols, on sera pas déçues !

C : Regarde la patronne qui fait sauter les crêpes ! En quel honneur ?

A : Ben c’est la Chandeleur ! J’te l’ai dit ce matin au p’tit déj . Tête de linotte !

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 08:10

Publié dans : Infamies - Par gilren
noir c'est noir

Mais où est-il ? Mais où se cache t-il ce point G tant convoité qui déclenche l’extase et qui fait se réunir encore aujourd’hui tout un aréopage d’explorateurs ? Du côté du nombril, derrière l’oreille , ou en d’autres lieux insoupçonnés ? Un truc à en perdre le nord et la tête avec ! Dans les années 50, le Dr Gräfenberg annonçait qu’il l’avait trouvé mais le King’s Collège de Londres le démentit plus tard, affirmant que ce point était imaginaire et que tout cela relevait du subjectif. On nous confirme ces temps-ci que ce point est bel et bien réel et qu’il convient plutôt de parler de zone. Une zone qui n’est pas toujours simple à découvrir et qui reste inaccessible en certaines circonstances, tant il est malaisé de trouver la fermeture éclair.

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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 18:22

Publié dans : Infamies - Par gilren

proc

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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 14:35

Publié dans : Infamies - Par gilren
sarko



La prochaine fois, ce sera le croc de boucher !

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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 09:41

Publié dans : Infamies - Par gilren
inquisition

« Ça me poserait problème de voter pour ce type ; il a une tronche pas très catholique ! » Tels sont les mots de Georges Frêche à l’égard de son ancien camarade de parti Laurent Fabius. Du coup, tout le PS est en émoi et Martine sa secrétaire en est vertement courroucée : « C’est indigne d’un élu de la république » dit-elle. Il est vrai que Georges n’y va pas avec le dos de la cuillère. Voilà qu’après avoir vu du sous-homme chez les Harkis, après avoir vu beaucoup de noir dans l’équipe de foot française, il s’en prend à la tête à Fabius. « Pas très catholique » ! Vieille expression voulant dire que ça n’inspire pas des masses de confiance.  Un endroit mal famé par exemple, une vieille soupe, la proposition d’un patron tordu et que sais-je encore. Si en ce qui concerne Fabius, l’expression s’identifie à celle de faux-cul,  je serais en ce cas assez d’accord avec Georges. Seulement, Martine y voit tout autre chose en cette tronche pas très  catholique, et elle déclenche la sirène des outrages à la race et à la religion. Du coup, elle fait dire à Georges ce qu’il n’a pas dit, même si celui-ci avait une petite idée derrière la tête. Petit coquin ! Martine dit tout haut les pensées de Georges et le débat est ouvert. Pour toutes celles et ceux qui ne s’étaient pas encore posé de question sur la tronche à Fabius, la réflexion est ouverte aussi. Quant à vous, nobles lecteurs qui ne tombez jamais dans le délit de sale gueule : le pape Benoît le seizième ! Vous lui trouvez une tronche très catholique ?

 P.S : Rappelons qu’avant cette histoire, Fabius avait proclamé haut et fort que s’il habitait en Languedoc-Roussillon, ou la Septimanie,  le fief de Frêche, ça lui poserait un gros problème de voter pour lui. Pas très catholique ? C’est le premier qui dit qui l’est !

 

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 15:13

Publié dans : Coups de coeur - Par gilren

 


bloncourtJe reçois ce jour cet appel aux consciences de Gérald Bloncourt et je le retranscris bien volontiers ici. Photographe, peintre, graveur, poète et militant, Gérald Bloncourt est un témoin incontournable d’Haïti, son île natale.  Exilé en France pendant de nombreuses années, il n’a jamais oublié son île . Je vous invite par ailleurs  à visiter son blog : http://bloncourt.over-blog.net/ d’une exceptionnelle richesse qui mérite largement le détour. Ne manquez pas son passage  le Vendredi 29 janvier 2010 à 21h 30 sur la 5 .

 

POUR LEUR PROPRE SÉCURITÉ LES GRANDES PUISSANCES DOIVENT AIDER LE PEUPLE HAÏTIEN     La gigantesque catastrophe qui s’est abattue sur Haïti, a bouleversé la conscience Mondiale. Elle a mobilisé des millions d’être humains de toutes les races, de toutes les cultures, de toutes les croyances, dans un élan de générosité sans pareille. Mais ce n’est pas uniquement un question de solidarité envers les malheurs de notre peuple.

Cela va bien au-delà.

Il s’agit d’une menace immense qui pèse sur l’ensemble de notre planète.
Haïti est située au centre d’un dispositif de la maffia internationale qui y a déjà des bases solides. Les trafiquants de toutes sortes, notamment ceux de la drogue y sont depuis des décades, solidement établis.

Si les secours se contentent de saupoudrer leur aide, sans éradiquer le chaos actuel, le pays deviendrait la proie de tous ceux-là qui tiennent à travers le Monde, la dragée haute à tous les Etats qui se réclament de la Démocratie.

Haïti deviendrait une base pratiquement inexpugnable, entre leurs mains.

Il y va de l’intérêt majeur des grandes nations, en premier lieu, de se protéger contre cette menace.

Haïti est un peuple né d’un grande Histoire. La première nation a s’être libérée victorieusement de l’esclavage. Lié aux grands espoirs de la Révolution Française, à ses idéaux de Liberté, Égalité et Fraternité et aux grands principes des Lumières : « Les Hommes naissent égaux… »

Depuis son indépendance en 1804, notre pays a vu son économie handicapée par une dette de 15 milliards de franc or imposés par la France, qu’elle a dû régler jusqu’au derniers centimes.

En 1917, les ETATS-UNIENS, profitant de la guerre mondiale qui occupait les peuples d’Europe, ont fait main basse sur notre pays, sur Cuba, la République Dominicaine, sur Panama, sur Porto-Rico, imposant leur diktat. Ils se sont accaparé des réserves d’or de notre banque nationale et ont inféodé la gourde aux dollars. L’occupation de notre pays par les Etats-Uniens commencée en 1917, s’est achevée en 1934. Les forces armées US ont du se retirer mais notre économie est restée sous leur contrôle ainsi que le pouvoir politique exercé par des valets à leur solde.

En 1946, nous avons tenté de nous libérer de cette domination. « Les Cinq Glorieuses de janvier 1946 »  ont mis à bas le pouvoir despotique d’Elie Lescot. Mais une junte militaire soutenue par les Américains s’est emparée des rennes et une violente répression a suivi. Expulsé de ma terre natale, j’ai pu rejoindre la France.

Contre la dictature guignolesque des Duvalier, nous avons mené d’incessantes campagnes : Grève de la faim à St-Merri, Conférence de Panama, Comité pour juger Duvalier.

Il est toujours en France, jouissant de toute sa liberté et des millions escroqués. Le bilan : 60.000 patriotes assassinés. Des milliers de cadres, d’écrivains, de médecins ont dû fuir le pays. Quatre millions d’Haïtiens et d’Haïtiennes sont actuellement hors du territoire national.

Les Duvalier ne se sont pas maintenus au pouvoir impunément durant 30 ans, sans le soutien des Grandes puissances. La France aussi, qui a formé à Melun, dans un Centre de la Gendarmerie Nationale, les officiers macoutes, responsables des terreurs qui ont écrasé notre résistance. Lorsque Sarkozy parle de l’amitié qui unit nos peuples, que fait-il des sans-papiers, raccompagnés à la frontière ? Que fait-il de la présence de Bébé Doc dont les gouvernements français n’ont pas voulu du procès, qui coule des jours paisibles sur le territoire de « la patrie des Droits de l’Homme ».

Si une partie des élites haïtiennes a dû fuir le pays, d’autres se sont joints aux sphères de la dictature, contribuant au pillage des ressources nationales. Pour s’enrichir davantage : des réseaux de trafic de drogue et un état gigantesque de corruption. La Minuhsta, si elle a aidé à mettre en place un minimum de sécurité, n’a pas empêché certains de ses membres de trafiquer. Elle n’a pas pu éradiquer les trafiquants.

Comment vouloir améliorer la situation, lorsqu’on pense que des tablettes d’argiles étaient mises en vente sur les marchés pour servir de nourriture. Comment espérer œuvrer positivement quand 80 % de la population survit avec moins de deux dollars par jour? Aucune politique n’a été mise en place en ce qui concerne les constructions.

La déforestation généralisée a miné la résistance des terrains. Il y a un peu plus d’un an, la ville des Gonaïves a été rayée de la carte à la suite de quatre cyclones. Voilà que frappe le monstrueux tremblement de terre. Aujourd’hui Haïti n’existe pratiquement plus. Tout est à refaire ! Tout est à rebâtir !

Le peuple Haïtien, spolié, brisé par toutes les dictatures qui se sont succédées n’a jamais pu avoir l’aide conséquente qui lui aurait permis de s’organiser.

Tous nos gouvernements successifs, depuis des décades, ont été gangrenés par des incompétents souvent liés aux maffias de toutes sortes.

Aujourd’hui voit poindre une prise de conscience d’hommes et de femmes de bonne volonté qui veulent enfin, pour de bons, se mettre au service de notre patrie.

Pour reconstruire le pays il faut la participation effective de ceux-là.

En Haïti, des milliers de compétences ne demandent qu’à être mises en ordre de marche. Il faut préserver la dignité de ce peuple généreux. Lui permettre de prendre en main son devenir. Tant de créateurs, de peintres, de musiciens, d’écrivains, de médecins, d’architectes doivent être mis au cœur du dispositif de sa reconstruction.

Je lance cet appel solennel : Il faut en finir avec les querelles, les divisions, la violence politique, la corruption endémique, la rapacité de ces minorités qui se sont enrichies sur la misère.

Le premier peuple qui a mis à bas, victorieusement, l’esclavage, ne sombrera pas.

Haïti ne demande pas l’aumône ! Tout les Etats du Monde, en particulier, les Etats-Unis, le Canada, la France, qui portent une grande responsabilité dans les carences de notre pays, ont intérêt à se garantir contre les menaces qui j’ai énoncé plus avant.

Une mise sous tutelle, telle qu’elle a été pratiquée par la Minhusta ne réglerait pas la question.

Il fait aider et non pas imposer. Il faut l’adhésion de notre peuple !

Sa participation active et responsable !

Il faut surtout permettre au gouvernement haïtien de diriger les opérations.

Je rejoins les récentes déclarations de notre premier ministre Jean-Max Bellerive qui a déclaré à Montréal, lors d'une réunion d'urgence.

« Haïti aura besoin d'un soutien "massif" pour sa reconstruction, mais souhaite prendre en main ce travail "colossal ».

« Tous unis ! L’Union fait la force ! »

 
 Gérald Bloncourt

 

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 10:32

Publié dans : Infamies - Par gilren
monopoly

Ce soir lundi , nous serons encore nombreux à  zapper Sarkozy  à l’apéro de TF1 servi par Pernaut et Ferrarri . Boycotter Sarcopathe, c’est  une bonne claque à l’audimat ! Et si on ne sait pas où donner de la tête et des jambes,  pourquoi ne pas ressortir ce bon vieux jeu de Monopoly et s’offrir la rue de la Paix ? On y mettra plein d’hôtels, plein  de maisons avec des tas de fenêtres et si c’est pas sûr c’est quand même
peut-être. Et puis on les paiera en francs, comme au temps où on était riches, au bon vieux temps d’avant les euros….



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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 18:43

Publié dans : Infamies - Par gilren
refugiés

Les enfants sont ravitaillés par des membres des O.N.G


La France a peur ! Ses frontières sont de plus en plus menacées et le rivage Corse est  devenu en un rien de temps une Terre d’accueil. Pas moins de 124 personnes ! Des Kurdes à ce qu’on dit  ont été découverts ce vendredi matin sur la plage de Paragnano à l'extrême sud de la Corse. Besson, le ministre des migrations saisonnières  est aux cent coups et en appelle, excusez du peu, à un sommet de crise. Parmi les migrants, 38 enfants, 5 femmes enceintes et une personne handicapée . Besson a peur et le péril est dans la demeure ! Et pourtant, comme chacun sait, l’île de beauté est réputée pour sa légendaire hospitalité . A ce propos ne pourrait-on on pas réquisitionner quelques maisons ou quelques simples paillotes que les Continentaux ont délaissées pendant l’hiver. Celle de Christian, par exemple où l’on pourrait installer pas mal de monde autour de la piscine.  Juste le temps pour que ces malheureux se refassent la cerise. Et pour la suite, que Besson se rassure et qu’il ménage sa tension artérielle ! Les autochtones auront tôt fait de rejeter tout ce petit monde à la flotte.

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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 20:10

Publié dans : Infamies - Par gilren
martine

Laurence, Xavier et François, les camarades de Martine se sont réunis au fond de l’atelier pour fêter ses 65 ans . Bientôt la quille !  Martine n’a plus que 5 ans à tirer.

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