Commentaires Récents

MOTS EN FOLIE

accumulation : succession de mots appartenant à la même catégorie grammaticale procurant une double jouissance d'écriture 

Ex: le poème de Michel Leiris ( Le ruban au cou d'Olympia)

Mon amante,
mon amie,
ma mascotte,
mon totem,
mon talisman,
ma manne,
mon chanvre indien, etc. etc .

Essai de Gilren : (Mots d'amour à une femme enrobée)

  Ma tabatière, ma bonbonne, ma couette,mon édredon, ma bouée, mon tonneau, etc...etc... 

agrammaticalité : écriture d'un texte ne respectant pas les règles de grammaire
Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons ( Renaud)

Et je mourirai cerclé de rigolos ....( J. Brel)

Tu être jolie beaucoup
Moi être zinzin de ta fantaisie
Tu rendre moi fou de vous
Car tu être belle à l'infini ( R. Gotainer)

acronyme: terme formé par les initiales des mots composant une expression :
medef : mouvement des enfoirés des entreprises en faillite
ump :union des margoulins de la politique
pc: papier cul
edf : électrocutés de France .....
 

amphigouri : texte absurde composé d'antithèses

un jour qu'il faisait nuit, je dormais éveillé
le vacarme inaudible pénétrait le néant
 

anadiplose : reprise pour le début d'un vers la fin du précédent

J'en ai marre
Marabout
Bout d'ficelle ......
 

anagramme : redistribution des lettres d'un mot pour en créer un autre différent

Boris Vian : Bison Ravi
Salvador Dali : Avida Dollars
 
 

anti-métabole: permutation des mots pour obtenir un nouvel énoncé

Ci-git un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien:
Le bien qu'il fit, il le fit mal,
Le mal qu'il fit, il le fit bien .
 

a-peu-près : modification d'un énoncé en jouant sur des sonorités voisines

Elle l'accueillit à draps ouverts.
Elle lit des romans à l'eau d'Eros.
Ils mettaient du corps à l'outrage. ( Jacques Pater)

attelage : liaison dans une phrase entre un terme concret et un terme abstrait 

Je prends ma valise et mon courage à deux mains .
Après avoir sauté sa belle soeur et le repas de midi, le Petit Prince reprit ses esprits et une banane . (P. Desproges)

au pied de la lettre : prendre des métaphores au pied de la lettre

Ne pas utiliser un pouboire pour manger .
Chercher un chiffon pour essuyer une tempête .....

calembour : jeu de langage fondé sur la différence  de sens entre deux homophones

C'est en sciant que Léonard devint scie . (Francis Blanche)

charabia : énoncé incohérent dû à des erreurs syntaxiques ou lexicales

Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l'aie dépassé m'a suivie,c'est alors qu'elle m'a choquée en plein derrière et m'a forcée par là à choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant . 

contrepétrie : permutation des lettres ou des syllabes afin d'obtenir un nouvel énoncé le plus souvent grivois

Martine revient de la ferme pleine d'espoir .
Superman a une bouille incroyable.
Quel beau métier,professeur!
Le vent soufflait dans la rue du quai.
Une sorte de rage lui tenait lieu de verve.
Le peintre a mis le couchant en valeur .

cortège : rédiger un poème en associant pour chaque vers deux expressions dont on permute les éléments

Un vieillard en or avec une montre en deuil
Une reine en peine avec un homme d'Angleterre
Des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer ...( Jacques Prévert)

 

 

cryptogramme: message composé à partir d'un code secret

          I.C
        I.E.S.T
     L.E.C.H.E.M
        I.N.D.E.
      S.A.N.E.S.

cryptonyme: nom propre dissimulé à l'intérieur d'une phrase

J'ai deux gaules pour aller à la pêche .
Il faut qu'elle agisse car après ce sera trop tard.
Parmi tes rangs d'oignons, insère quelques radis!

kakemphaton: signification indésirable se superposant au sens premier d'une phrase pour des raisons d'homophonie

Je suis romaine, hélas, puisque mon époux l'est . (Corneille)
Il sortit de la vie comme un vieillard en sort.( V.Hugo)
Amoureux de la belle, il écrasa l'époux .

palendrome: mot qui conserve le même sens lu de gauche à droite ou inversément

Anna, Ubu, été,radar,Laval .....

paronomase: rapprochement de mots phonétiquement proches mais de sens différents

les lingères légères (Eluard) 
les beaux-arts bizarres ( Ionesco) 
les sueurs de l'amour et les suaires de la mort (Volmert)






























































































































































































































L'oiseau Lyre







 
Coucher de soleil en montagne

Jon regarda le ciel ouvert devant eux. Le soleil avait complètement disparu  derrière l’horizon, mais la lumière continuait d’illuminer les nuages. En bas, très loin sur la vallée, il y avait une ombre légère qui voilait le relief. On ne voyait plus le lac, ni les collines, et Jon ne pouvait pas reconnaître le pays. Mais le ciel immense était plein de lumière, et Jon vit tous les nuages, longs, couleur de fumée, étendus dans l’air jaune et rose. Plus haut le bleu commençait, un bleu profond et sombre qui vibrait de lumière aussi,  et Jon aperçut le point blanc de Vénus, qui brillait seul comme un phare.
J.M.G. Le CLEZIO


 

 

 

 

Brouillard

 La vallée étroite où serpentait la rivière  s’embrumait alors pendant cinq mois. Des brouillards légers flottaient d’abord sur les prairies, rendant tous les fonds pareils à un grand étang d’où émergeaient les toits des maisons. Puis cette nuée blanche, montant comme une marée, enveloppait tout, faisait de ce vallon un pays de fantômes où les hommes glissaient comme des ombres.

Guy de MAUPASSANT

 












Automne en forêt

La forêt était à une heure de grande beauté. L’automne somptueux dorait toutes les cimes. Le vent rebroussait la tignasse fauve des vieux chênes. Le blond pâle des acacias et des tilleuls se mêlait aux tons chauds des hêtres et des érables , au rouge  éclatant  des merisiers . La forêt était à une heure de grande beauté, mais on devinait cette beauté menacée et fragile . Déjà, les feuilles mortes jonchaient le sol ; d’autres, sous les brusques assauts du vent, se détachaient des branches et tourbillonnaient comme une volée d’oiseaux apeurés .

 E. PEROCHON

 

 

 

 

 


 


Chemin de Provence

  

Il était bien joli ce chemin de Provence. Il se promenait entre deux murailles de pierres cuites par le soleil, au bord desquelles se penchaient vers nous de larges feuilles de figuier, des buissons de clématites, et des oliviers centenaires. Au pied des murs, une bordure d’herbes folles et de ronces, prouvait que le zèle du cantonnier était moins large  que le chemin. J’entendais chanter les cigales, et sur le mur couleur de miel, des lézards immobiles, la bouche ouverte, buvaient le soleil.
Marcel PAGNOL


    

 









Campagne sous la neige

En une nuit, toute la plaine fut ensevelie. Les fermes, isolées dans leurs cours fermées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s’endormir sous l’accumulation de cette mousse épaisse et légère. Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls, les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel. On n’entendait rien que le glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours. Cela dura huit jours pleins, puis l’avalanche s’arrêta.

 
Guy de MAUPASSANT




 

 

 




Le feu

La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les trois heures du matin .

Depuis, elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes ; son ventre de flammes suit; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance . Un coup de griffe à droite, un à gauche; ici, elle éventre une chênaie, là elle dévore d’un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pins . Le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction . On dirait qu’elle sait où elle va .

 

 Jean GIONO

 

Dimanche 8 novembre 2009

Publié dans : Science en folie - Par gilren


Il y a encore deux ans de cela, le Mont Blanc mesurait
4810, 90 mètres. Aujourd’hui, il émerge à 4810, 45 m . Comment voulez vous qu’on s’y retrouve et qu’on retienne notre leçon de géo pour le lendemain, tellement c’est fluctuant. Tantôt il prend de la hauteur, tantôt il rapetisse.  Pour ma part,  comme pour des milliers de potaches, je l’ai connu à 4807 m et c’était réglé une bonne fois pour toutes, du cours préparatoire jusqu' en fin d’études. Maintenant, on ne sait plus trop et on n’a pas toujours sa paire de jumelles avec soi pour vérifier s’il a neigé pendant la nuit. Si la hauteur du géant alpin est capricieuse, il gagne du terrain aussi à l’horizontale. Les glaciologues ont observé un déplacement de la crête de 26 m vers l’Italie et si les vents continuent à souffler de trop, le temps n’est plus très loin pour que nos voisins transalpins s’emparent de notre massif et s’approprient le record d’altitude. Déjà que la plaque africaine s’approche de nous à grands pas, ça va être dur de garder notre identité nationale. On estime que la ville d’Alger se rapproche de Paris de l’ordre de 1 cm par an. C’est fou ce que ça bouge ! Allez, je vous laisse ! Je vais faire un tour à la casbah et je devrais être de retour vers midi.

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Samedi 7 novembre 2009

Publié dans : Science en folie - Par gilren
 

Dès la naissance, le vagissement  du bébé français n’a pas la même tonalité de celui du petit copain allemand. C’est le résultat d’une étude menée par une équipe franco-allemande qui a analysé des heures et des heures d’enregistrements de cris de bébés. Le nouveau-né français a la voix qui monte tandis que celle de son congénère teuton part de l’aigu vers le grave. Les chercheurs de l’institut Max-Planck expliquent ce phénomène par la différence d’intonations dans les deux langues qui sont perçues dans le ventre maternel. Si cette étude est censée nous dire que l’ouïe est le premier système sensoriel qui se développe chez le foetus, ce n’était pas inutile de nous le rappeler. Maintenant, si c’est pour nous signifier que l'intonation germaine a du peps à couper au couteau, ça on le savait déjà. Imaginons un instant ce qu’auraient pu être les pleurs du bébé d’Adolphe si toutefois il avait existé. La maternité en aurait été toute retournée et les autres bébés traumatisés à vie. Même un mur anti-bruit, berlinois ou munichois n’y aurait pas suffi. Gesetz geben meine flasche und schneller als die ! ( Apportez -moi mon biberon, et plus vite que ça ! )

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 6 novembre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren


Euro Disney est dans le collimateur de SOS Racisme. Suite à une plainte en bonne et due forme de l’association qui veille au grain de peau, un huissier a débarqué chez Mickey et toute la bande pour saisir les listings de salariés et de candidats à l’embauche . Il y aurait de fortes présomptions de fichage ethno-racial en rapport avec l’embauche du personnel . Il est vrai que pour renseigner sur la nationalité de l’employé, le fichier semble avoir quelques problèmes avec sa géographie. Mentionner que l’un est Guadeloupéen, que l’une est Martiniquaise et l’autre Réunionnaise ne colle pas vraiment avec la réalité de la nationalité française, ou de l’identité nationale si vous préférez. S’ajoute à cela un listing informatique de salariés classés par catégorie « Afrique hors Maghreb », « Afrique Maghreb », « Europe de  l’Est » et autres lieux exotiques. Tout ça ressemble tout de même à une belle ségrégation chez Disney qui se veut internationalement convivial.  Maintenant, à la décharge des employeurs, j’admets bien volontiers qu’il puisse y avoir une contrainte de casting. Passe encore si l’on troque la pantoufle de Cendrillon contre une babouche, mais de là à confier le rôle de Blanche Neige à une jeune fille du Ghana ou du Niger, avouez que c’est peu orthodoxe. Faudrait voir à respecter les fondamentaux !

( Quoique ! Avec le petit montage d’image que je viens de mijoter avec beaucoup de plaisir, je m’interroge, je m’interroge…)

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009

Publié dans : Science en folie - Par gilren


Ça commence par des ennuis de peau avec la chytridiomycose  et ça se finit en maladie cardiaque irréversible. La faute à qui ? A cet épouvantable champignon bien connu qu’est le Batrachochytrium dendrobatidis. Sale temps pour les crapauds et les grenouilles. Ce satané champignon en s’attaquant à la peau des batraciens réduit de plus de moitié le transport des ions sodium et potassium, qui normalement passent de l’eau environnante à leur organisme par l’intermédiaire de leur peau. Et chacun sait que ces ions sont vitaux pour les cellules.  Le potassium est notamment un élément indispensable au fonctionnement des cellules cardiaques contractiles. Avec l’électrocardiogramme, on a pu constater le cœur des rainettes ralentir avant de cesser de battre et les chercheurs ont pu relancer la machine  en  abreuvant ces malheureuses créatures de boissons riches en potassium et en sodium. Pauvres bêtes ! Leurs cuisses ont beau être attractives, leur cœur n’en est pas moins malade. Ce sont leurs congénères Sud-Africaines qui ont répandu le Batrachochytrium dendrobatidis, poison qui est devenu l’un des principaux facteurs du déclin mondial des amphibiens. A trop vouloir ouvrir  grand nos frontières, la contamination était inéluctable . Pourquoi ne pas avoir bessonisé cette population malsaine avant qu’il ne soit trop tard ? Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature  32% des 5918 espèces d'amphibiens connues sont en danger, contre 12% pour les oiseaux et 23% pour les mammifères. Trente-quatre espèces d' amphibiens se sont éteintes et 130 ont peut-être elles aussi disparu. Il y a donc péril dans les mares car le traitement des grenouilles, s’il est possible en laboratoire n’est pas imaginable sur le terrain. S’il vous arrive de longer les roseaux, au printemps prochain, un soir de pleine lune, pourquoi ne pas vous munir d'un défibrillateur, car les coassements que vous ouïrez seront plutôt des plaintes de douleur que des gémissements d’amour.

 

Dernière minute : De récents travaux  montrent qu’une bactérie vivant sur la peau des amphibiens produit une substance toxique pour le champignon, protégeant ainsi l’animal. Enrichir le sol avec cette bactérie pourrait aider les populations d’amphibiens à résister à la maladie. Mais c’est pas gagné !


 




 



 

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren

C’est parti pour les sondages de la prochaine présidentielle de 2012. L’ IFOP livre pour Valeurs Actuelles à paraître ce jour une enquête d’opinion dont elle a le secret . Et qui arrive en tête au premier tour ? Sarkozy, bien sûr, celui que nous vénérons tous. Avec 28 % d’intentions de votes, il devance Martine Aubry ( 20 %), François Bayrou ( 14 %) , Marine Le Pen (11 %), Olivier Besancenot ( 9 %) Dominique de Villepin ( 8 %) et deux ou trois autres derrière pour faire un chiffre rond. Les jeux sont faits, rien ne va plus ! Oyez oyez braves gens, on vous entube et tout va bien ! Il n’est pas interdit aux  instituts de sondage aux ordres de délirer, mais ce qui est grave , c’est que ces inepties soient reprises par les organes de presse et qu’elles fassent leur petit bonhomme de chemin dans les petites têtes pensantes. A bien y réfléchir, trente-six mois, ce n’est pas une éternité. L'électeur a le temps de se souvenir de la leçon. Mais bon, tout ça est riche d’enseignement. On sait que Villepin est partant et on connaît déjà les résultats des primaires au parti socialiste. C’est-y pas merveilleux ? On aurait même pu rajouter à la liste proposée aux badauds Rama Yade,  très en vogue actuellement. Et Blanchette ? Vous savez bien ! Celle qui se laissait traire sans bouger et sans mettre le pied dans l’écuelle . On aurait pu tout de même  y penser à Blanchette ! Elle aurait probablement fait un tabac à la barbichette de tous ses concurrents. Bref, il est temps de décréter l’état d’urgence et d’instaurer le couvre feu pour ces instituts à la mords moi le nœud. Faudrait en causer deux mots à Brice. Pour la petite histoire, l’IPSOS, un autre manipulateur de la bande nous annonçait il y a deux jours seulement, une chute de 10 points pour Sa Suffisance, la faisant passer à 39 % d’opinions positives. C’est fou ce que les sondés sont versatiles !

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 3 novembre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren


« Vous allez voir ce que vous allez voir ! » « Faudrait voir à pas nous prendre pour des cons ! » Telles étaient à peu près les rodomontades de Messieurs Raffarin et Juppé pour montrer leur désaccord avec la réforme de la taxe professionnelle sucrée aux communes. Ces matamores ont dû vite rabaisser leur caquet après s’être fait réprimander par leur petit chef. Ils ne vont pas dépareiller aux côtés de leurs collègues que sont l’actuel et le plus ancien. En France, qu’on se rassure, l’élitisme n’a plus d’avenir. La fonction de premier ministre peut vous conduire, même des années plus tard au poste de laquais .

Post Scriptum : Je voulais ajouter qu'il n'y a pas de honte à servir. Tout dépend cependant qui on sert.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 3 novembre 2009

Publié dans : Mots d'oiseaux - Par gilren

Anita : Alors ? Faut-il vraiment qu’on parle de l’identité nationale ? Les clampins l’ont mise au menu de la semaine.

Camomille : Pouh ! L’identité nationale, c’est avant tout la bouffe et le pinard. L’entrecôte frites, le beaujolpif , du moins pour ceux qui peuvent encore se mettre à table. Pour les autres, c’est purée jambon, et pis c’est tout.

A : Pour moi, c’est surtout la diversité des paysages. Des falaises d’Etretat à la dune du Pilat, en passant par les Monts d’Auvergne, c’est un enchantement pour les sens.

C : Pour l’ essence aussi ! Ça fait cher au kilomètre. A part ça, tout le reste, c’est que de la bedouillerie ! L’égalité, la fraternité et la liberté, ce sont des accessoires pour pochette surprise.

A : Oué ! Y a belle burette que l’abolition des privilèges a pris du plomb dans les plumes.

C : J’dirais même mieux :Y a vilaine lurette qu’on voit tout ça  par le petit bout de la lorgnette.

A : Y a aussi le drapeau bleu blanc rouge !

C : Ah non ! Et pis la marseillaise aussi, pendant que tu y es !

A : Ce sont tout de même les emblèmes de la république ma chère !

C : J’vais te dire ma bonne Anita ! Je deviendrai une demi patriote quand tous les enfants de ce pays pourront partir en vacances au moins une petite semaine dans l’année. Et pas seulement au centre aéré à dix bornes de chez eux ! Quand tous les travailleurs seront traités avec respect , quand chacun pourra avoir un logement décent et quand Pierre-Marie de Neuilly sur Seine aura les mêmes chances d’avenir que le petit Lucas de Neuilly Plaisance. Et puis bien sûr, quand on aura des femmes et des hommes respectables au sommet de l’état . Mais, avant que j’devienne une patriote à temps plein, une mer de fiente aura coulé dans les fosses septiques.

A : Je vois que tu t’emballes ma Mimille ! Mais rassure toi, j’le sens comme toi. L’identité française, elle prend aussi une belle claque à l’étranger. Un ancien président qu’on envoie au tribunal pour des malversations, un président bien actuel qui est la risée du monde entier, un ministre de la culture cultivant le tripotage et  les autres pataugeant dans le potage.

C : En fait, y a plus que sur les stades de foot qu’on peut l’entrapercevoir cette identité nationale.

A : Parlons z’en z’en  de la patrie sur le gazon ! Quel exemple ! La grande mode chez les supporteurs fouteurs de balle, c’est d’insulter l’adversaire quand leur équipe a perdu. Et ça tourne en général autour de l’homophobie. On se traite de pédés, de pédales, de fiottes, de tapettes, de tantouzes, de salopes et de sodomites. Charmant, non ?

C : C’est sûr que le vocabulaire ne manque pas. Nos mots d’oiseaux ont plus d’élégance. Le gros Nicollin qui préside aux destinées de l’équipe de Montpellier vient même de traiter un joueur adverse de tarlouze !

A : Un synonyme ? J’le connaissais pas çui là ! Et qu’est-ce qui fait ce Nicollin à part donner dans l’insulte ?

C : C’est le propriétaire de presque tous les camions poubelles du département de l’Hérault.

A : Tu m’en diras tant ! Les ordures, c’est comme la grippe A, ça s’propage ! Mais pour parler Freudien, toutes ces insultes à conotation homo, ça cache forcément quelque chose !

C : Tu sais Mimille, les homos ne sont jamais autant trahis que par les siens.

A : Oué ! Je conseille aux mâles voulant éviter de se faire tripoter dans les tribunes les soirs de match de choisir le badminton. Y a moins de monde, donc y a moins de cons et moins de promiscuité.

C : Dis moi ? J’aurais bien aimé faire l’impasse sur Matuvu mais y a cette histoire de copié collé dont il nous faut parler. Des p’tits malins qui ont du temps à perdre sont allés fouiller dans les discours du petit Pinocchio pour y trouver des répétitions en long en large et en travers.

A : Oué, j’ai vu ça ! Les mêmes phrases qui reviennent dans des laïus s’adressant à des auditeurs différents. Il annone les mêmes mots qu’on  a écrits pour lui sans se rendre compte qu’il les a déjà rabâchés les jours d’avant.

C : Normal ! Ce gars là n’a pas moins de six cerveaux à c’qu’on dit. Y a forcément de la surchauffe, du courcircuitage, et du pétage de plombs. Tout ça donne des résultats confusionnels .

A : Merci Docteur de toutes ces précisions ! Moi, j’voudrais parler de nos amis de Tarnac. Après tout, on était y a pas si longtemps encore leurs voisines. On en apprend de belles. Les soit disant saboteurs des lignes de chemin de fer ne seraient pas forcément les bons coupables. Il s’avère que les traces de pas relevés près du ballast ne correspondent pas à leurs pointures. On se rend compte aussi qu’ils ne pouvaient pas aller d’un endroit à un autre distant de 27 km en l’espace de 10 minutes. Bref ! Les éléments de la police pleine de malice ne tiennent plus le rail. Et pourtant, Coupat a croupi en prison pendant 6 mois.

C : Je veux ma nièce ! Si encore y avait eu Pasqua pour lui tenir compagnie ! Mais attention ! N’allons pas trop loin pour crier leur innocence à nos p’tits épiciers Corréziens. On aura l’air malignes si des indices viennent les trahir.

A : T’as raison ! N’allons pas trop vite en besogne. T’as qu’à voir Gilren qui fait le pari que le parquet fera appel pour Chirac et on ne voit toujours rien venir. Le journalisme, ça doit être du sérieux. On n' a pas le droit d’improviser.

C : Cette histoire des Tarnaquouères me pousse à relater cette aventure ferroviaire qui s’est passée il y a une dizaine de jours sur la ligne La Rochelle- Paris. Sûrement qu’elle a dû échapper à beaucoup de pèlerins.

A : J’ai suivi ça en effet ! C’est le p’tit jeune qui met sa voiture à l’arrêt en plein sur la voie ferrée entre les barrières des passages à niveau ?

C : Tout juste ! C’est un acte de chantage qu’il accomplit envers sa fiancée de son âge qui a décidé de rompre avec lui. Un cri d’amour comme on n' en voit plus en ce siècle d’ indifférence et d’égoïsme. Il stoppe donc la bagnole sur les rails, s’assoit sur le capot et attend imperturbablement le TGV de 16h 47. La grosse machine surgit enfin et écrabouille le véhicule.

A : Pétouille ! Et le garçon ?

C : Pas fou le bourdon ! Au dernier moment, peut-être trois secondes avant la collision, il a sauté sur le côté. Téméraire peut-être, mais rassure toi, il ne travaille pas aux Télécom ! Le plus séduisant dans cette histoire, ce n’est pas tant l’exercice périlleux mais plutôt son aspect romantique . Il fait ça pour sa belle et pour lui montrer son attachement. C’est tout d’même un peu plus viril que d’aller chanter sous sa fenêtre ou d’aller lui conter fleurette à la mode Roméo.

A : Je te l’accorde, mais a-t-il pensé au danger qu’il faisait encourir aux usagers de la SNCF ? D’ailleurs, qu’est-il advenu du train ? Tu occultes cet épisode de manière un peu cavalière.

C : Pouh ! Du froissement de tôle et quelques cris apeurés parmi les voyageurs. La loco était bien sûr hors d’usage mais combien c’est dérisoire à côté de cet amour passionné. Si les voyageurs ont pu attendre qu’on les dépanne, l’amour lui, n’attend pas !

A : Comme tu y vas ! Et comme ton histoire est cynique !

C : Scénique, tu veux dire ! Cette histoire est véritablement scénique ! Du cinéma à grand spectacle et on aurait pu recourir à Richard Burton et à Liz Taylor pour le casting. Car le clou du spectacle, c’est que la jeune fille de l’histoire n’est autre que la fille du garde-barrière et qu’elle assiste au spectacle de la fenêtre de la petite maison en pierre qui borde la voie ferrée.

A : Pétouille ! La fille du garde-barrière ? Quelle histoire ! J’pensais pas que cette espèce existait encore ! Je comprends mieux maintenant. Cela valait bien le coup d’envoyer un morceau de TGV à la casse.

C : Maintenant j’te dis pas la suite car je ne veux rien inventer. Le gamin a été mis en garde à vue et sa copine en observation à l’hôpital vu qu’elle a été sérieusement choquée par le spectacle. Je leur souhaite en tout cas tout le bonheur du monde et j’espère que leur histoire repartira sur les bons rails.

A : J’y crois dur comme fer ! Mais avant de conclure, je voudrais aborder vite fait bien fait une autre aventure, celle de Traber des Bois.

C : Hummmm ! J’sais pas si je vais te suivre sur ce chemin forestier.

A : Tu vas pas me dire que t’es du côté des forces de l’oie. Toi, la plus anarchique des volatiles cosmiques du peuple ornithologique.

C : Non, mais si ce type là est bien l’assassin des deux jeunes filles, j’ai une pensée tendre et solidaire pour les parents et je n’veux pas en faire un héros !

A : Comme tu as raison Mimille et comme je reconnais là ta bonté d’âme et ta noblesse de cœur. Mais avoue que si ce type là n’a rien à voir avec ces assassinats, c’est un héros des temps modernes. ♫ Il court il court le furet, le furet du bois mesdames…

C : ♫ Il court il court le furet, le furet du bois joli… Mais le plus marrant dans cette histoire, si encore une fois on doit en rire, c’est le nom de la forêt où il se cache : la forêt de Bombon !
A : Ça ne s’invente pas ! On connaissait la forêt de Paimpon , maintenant, on a la forêt de Bombon. La police va s’y gâter les dents !

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 2 novembre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 2 novembre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren

Aux fumeurs , je viens ici  adresser toute ma compassion et aussi mon soutien psychologique. Vous extorquer une fois de plus le porte monnaie ne suffisait pas ! Il faut qu’on aille par dessus le marché décorer vos paquets de clopes d’obscénités en tous genres telles que je les  montrais sur ce blog en janvier 2007 : « Eteignez vos clopes ! » après avoir rompu avec le club et des décennies de participation. C’est aussi en réponse à Eric qui évoque ces turpitudes dans Hopla :  langues et lèvres atrophiées, poumons carbonisés, et autres merveilles anatomiques vont désormais arborer les emballages. Ne vous laissez pas intoxiquer par cette nouvelle forme d’agression et n’hésitez pas à faire preuve d’imagination en relookant le paquet . Une bonne claque aux idées reçues et vous retrouverez le goût du large !

 

Je remercie les débitants de tabac et leur fédération en particulier, les fabricants de cigarettes dont le groupe Philip Morris pour qui je cible particulièrement l’une de ses marques les plus vendues sur le marché, la SEITA et le ministère des finances de bien vouloir envisager un virement du montant de leur choix au compte postal : GRE 1 521 38 A .

Ma participation à la promotion et à la réhabilitation de vos produits s’en trouvera ainsi justement récompensée.


Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 30 octobre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren

La justice française aux ordres du pouvoir vient de décider qu’il n’y avait pas lieu d’aller fouiner dans les propriétés que les dictateurs africains ont acquis en France. Une juge qui se respecte avait pourtant donné son feu vert mais c’était compter sans le Parquet toujours prompt à cirer le pouvoir en place. Comme le dit si bien un vieux proverbe africain : « Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles. » C’est devenu une rengaine pitoyable en notre pays : le juge juge et selon l’humeur d’en haut, le Parquet déjuge. Rebelote pour Chirac, le pensionné de l’Etat. Une autre juge qui en a elle aussi, vient de prononcer le renvoi de Jacou le Croquant en correctionnel. Sacrilège ! On attend dans les jours qui viennent un autre appel du Parquet qui avait pourtant décidé de passer l’éponge.  Il n’y a donc pas péril dans les demeures du Congolien  Denis Sassou Nguesso, du Guinéen Teodoro Obien et des héritiers de  Bongo du Congo, demeures acquises sur le dos de leurs frères démunis. Pas plus que dans celle du Tropézien  Jacou d’ailleurs, car la presse à beau s’emballer sur les risques encourus, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Faut dire qu’après la calamité lui ayant succédé, Jacou est devenu le chouchou du bon peuple de France.

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 29 octobre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren

 Dans un récent rapport, la Cour des comptes présidée par Philippe Séguin, a pointé du doigt le coût très élevé de la présidence française de l'Union européenne : 171 millions d'euros dépensés en six mois soit 1 million par jour… La Cour des comptes dénonce entre autres une « programmation excessivement touffue », « la multiplication et le coût parfois élevé des opérations », le caractère « parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies », et « l'utilité publique variable. » Le site internet Mediapart, qui s'est procuré l'intégralité du rapport, a permis de révéler une dépense pour le moins exorbitante qui fait actuellement beaucoup de buzz sur la Toile et auquel la Cour a consacré 5 pages : le coût du sommet de la Méditerranée, organisé au Grand Palais à Paris le 13 juillet 2008. Ce sommet a coûté près de 16,6 millions d'euros. Dans le détail, on trouve 400 464 € de mobilier (écrans plats inclus), 194 977 € pour des jardinières, 91 456 € de moquette, 4 383 614 € pour l'installation, le nettoyage et le démontage des installations (500 techniciens mobilisés) et 1 million d'euros pour le dîner des chefs d'États. Mais le pompon si l'on peut dire revient à l'installation d'une douche pour le Président, dans la « zone bureau » du Grand Palais qui a coûté… 245 752 € ! « Luxueuse et dernier cri, elle possédait une radio et différentes fonctions jets », note le rapport de la Cour des comptes. Finalement, « elle n'aurait jamais servi à croire les ouvriers chargés de vider la fosse… », selon Mediapart. Il est vrai que le sommet ne durait que 4 heures et que le Grand Palais n'est situé qu'à quelques centaines de mètres de l'Élysée .


Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Lundi 26 octobre 2009

Publié dans : Science en folie - Par gilren

Situées dans l'abdomen des mouches, les cellules qui produisent les phéromones sont ici rendues fluorescentes.

Il s’en passe de belles chez les mouches ! Qu’elles soient à viande, à miel, ou à merde, elles se livrent à une débauche si  effrénée qu’il en est même gênant de relater leurs turpitudes. Deux mâles qui s’accouplent, l’un essayant d’introduire son pénis dans les globes oculaires du copain, un mâle se jetant sur une femelle appartenant à une espèce différente, et des pédophiles en veux-tu en voilà ! Certaines donneraient dans le tourisme sexuel qu’il n’y aurait rien d’étonnant. Plus de règles, plus de retenue, et c’en est arrivé à la licence 5 . Mais comment a bien pu survenir cette frénésie orgiaque ? Et bien figurez vous qu’elles n’y sont pour rien les pauvrettes ! Ce sont encore deux espèces de salopards, des chercheurs de l’université de Toronto au Canada qui sont allés perturber leur système de communication amoureuse. Ces pervers ont créé des spécimens dépourvus de phéromones, celles-ci étant bien connues pour jouer un rôle important dans l’attraction entre animaux. Ces phéromones étant censées déclencher le grand flirt ou la parade nuptiale si vous préférez, on aurait pu penser qu’en leur absence, c’allait être l’abstinence la plus totale chez ces drosophiles mélanogaster. Et bien, c’est tout le contraire qui s’est produit ! Bien que privées d’aphrodisiaque, une véritable traviata du sexe s’est déclenchée . Les mâles ont commencé à se courtiser entre eux et les femelles sont devenues de véritables nymphomanes. On ne prêtait même plus attention à la race de son partenaire, jusqu’à ce que ces universitaires déviants introduisent la phéromone 7,11- HD pour rétablir le calme et tuer dans l’oeuf le mélange des espèces. Sans cette molécule miracle , on était bon pour réquisitionner des charters à mouches afin de rapatrier chaque étrangère à la maison. Le calme après la tempête est finalement revenu chez les drosophiles, et on peut les entendre à nouveau s’échanger des mots d’amour  au-dessus des plateaux de fromages ou près des cabanes au fond des jardins .



 

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren



Aujourd'hui, les cons parisiens avaient rendez-vous sur la Canebière avec leurs congénères marseillais.
Score des Nuls: 0 - 0 
Balle au centre

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 24 octobre 2009

Publié dans : Mots d'oiseaux - Par gilren

Camomille : Cette histoire de bouteille à la mer m’a beaucoup émue.

Anita : Raconte moi car elle m’a échappé.

C : C’est sur une plage du Kent en Angleterre que tout a commencé en 2002. Karen, qui habite non loin de là, a trouvé une bouteille échouée sur la plage, une belle bouteille bleue. A l'intérieur, il y avait une lettre rédigée en français et une mèche de cheveux enroulée d'un ruban bleu. Karen, qui ne parle pas le français a demandé à une amie de la lui traduire.

A : Et qu’est-ce qu’elle raconte cette lettre ?

C : Il y est question d’une mère qui y confie sa souffrance d’avoir perdu son fils de 13 ans dans un accident de la route. Mais il n’y a ni date ni signature.

A : Alors tout est déjà perdu dès le début du récit. J’aime pas les histoires qui finissent mal et encore moins celles qui débutent en queue de poisson. Une bouteille à la mer, porteuse de pleurs en somme ! J’en connais qui ont été au contraire porteuses d’espoir par leur quête de secours en situation de détresse. Des SOS en quelque sorte !

C : C’est sûr, mais on peut aussi y enfermer ses joies et ses peines dans ces bouteilles navigatrices. Y formuler des vœux aussi , et quel bonheur, quand un être au bout du monde réceptionne tout ça religieusement pour prendre sa part dans l'aventure. L’histoire qui nous intéresse ici, c’est la détermination dont a fait preuve Karen pour retrouver l’auteur de la lettre. Fichier des personnes disparues, numéro de série de la bouteille, analyse des cheveux, étude des courants, épluchage des petites annonces, consultations de voyant, allers-retours en France... Elle décide finalement d'écrire un livre en espérant que la femme se reconnaîtra. Les médias finissent par s’intéresser à cette histoire, et l’un des fils de l'inconnu, entendant parler de cette histoire en informe sa mère.

A : Et comment elle a réagi la maman ? Elle n' a pas forcément envie que ce pan de vie intime soit divulgué au grand public.

C : Tu n’as pas tort en fait ! Contrairement à ce que pensait Karen, la maman en deuil ne voulait pas être retrouvée. Elle avait lancé ce SOS d'un ferry en mars 2002 pour exorciser sa douleur, pour mieux tourner la page. Après avoir lu le livre de Karen, elle se décide pourtant après une longue réflexion à contacter Karen. Les deux femmes se rencontrent finalement dans un bar au Nord de la France et passent des heures ensemble . Maurice qu’il s’appelait le jeune garçon disparu. Inutile ou pas, tu ne m’ôteras pas de la tête que pour cette femme en deuil, cette bouteille jetée dans les flots a été une thérapie en soi.

A : Je l’admets bien volontiers. C’était véritablement un acte d’amour. Même si la bouteille était restée dans l’anonymat, ce qui a mon sens eut été préférable, l’immensité de l’océan lui conférant le sceau de l’éternité.

C : Bon, après tout ça, y nous faut assurer la gazette de la semaine.

A : Il n’en est pas question ma tendre Camomille ! Comment pourrions nous donner dans le faisandé de l’actualité après cette belle histoire que tu nous a contée. Cette tribune sera poétique ou ne sera pas. D’ailleurs, comme j’aimerais lancer ma propre  bouteille à la mer et y receler à l’intérieur tous mes plus beaux secrets.

C : Et quels seraient-ils ces secrets ?

A : Allons ! Ce ne serait plus des secrets !

C : Moi, j’y confinerai mes vœux de bonheur pour toute l’humanité. Quand je pense qu’on est au bord de l’océan. Où pourraient bien  se retrouver nos bouteilles après avoir déferlé des milles et des milles  sur les flots fougueux de l’onde immense ?

A : Ouh ! Tu poétises, tu poétises ! La mienne, j’aimerais qu’elle navigue éternellement ou qu’elle échoue sur une île déserte, pour garder mes secrets, bien sûr. Mais la tienne, en partant de la côte vendéenne, elle peut très bien être retrouvée par une enfant brésilienne en quête de coquillages sur une  plage d’Aracaju. Et là, ce pourrait-être le début d’une belle aventure.

C : Comme tout ça est porteur de rêve ! Et si la patronne accédait ce soir à mon désir ? Elle n’a qu’à la jeter bien loin , par dessus la rambarde de la terrasse, et en route pour le Brésil !

A : Attends ! J’voudrais pas casser l’ambiance, mais tout dépend des courants marins et des caprices de la météo. Ta bouteille peut très bien se retrouver demain matin à quelques encablures d’ici, coincée entre deux pédalos remisés sur la plage jusqu'à l'été prochain . Une bouteille à la mer, elle a besoin d’une bonne dose de chance pour arriver à bon port, et ne pas prendre un goût de bouchon. C'est la destinée qui commande ! 

C : Et si nous finissions avec ce merveilleux  poème des Destinées de Vigny justement ?

A : Pétouille ! comme tu y vas ! Vingt-six strophes qu’il contient ton poème ! C’est un coup à endormir le lecteur avant qu’on en soit au troisième. Déjà qu’il n’est pas habitué à ce qu’on donne de trop dans la littérature. Il nous préfère de loin dans la galéjade !

C : Allons y pour deux avant de nous endormir. Chacune le sien !

Anita :

...Seule dans l’Océan, seule toujours ! Perdue
Comme un point invisible en un mouvant désert,
L’aventurière passe errant dans l’étendue,
Et voit tel cap secret qui n’est pas découvert.
Tremblante voyageuse à flotter condamnée,
Elle sent sur son col que depuis une année
L’algue et les goémons lui font un manteau vert.

 

Camomille :

Un soir enfin, les vents qui soufflent des Florides
L’entraînent vers la France et ses bords pluvieux.
Un pêcheur accroupi sous des rochers arides
Tire dans ses filets le flacon précieux.
Il court, cherche un Savant et lui montre sa prise,
Et, sans l’oser ouvrir, demande qu’on lui dise
Quel est cet élixir noir et mystérieux....

 

 
 
 



 

 

 

 

 

 

I


 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 23 octobre 2009

Publié dans : Infamies - Par gilren

Chacun y va de sa petite idée pour économiser la flotte. Même Hugo Chavez le président vénézuélien en appelle à ses concitoyens pour que la douche ne dépasse pas les trois minutes. C’est largement faisable, même en se lavant, alors ne comptez pas figurer dans le livre des records. Et les petits malins qui nous invitent à fermer le robinet d’eau du lavabo pendant le rasage et le brossage des dents sont en fait de gros dépensiers. La brosse à dents, et le rasoir vous les prenez sous la douche en alternance dans une main et le gant dans l’autre s’occupe de l’épiderme. Si vous ne perdez pas de temps en chemin, votre consommation de la toilette ne devrait pas dépasser les dix litres par personne alors que Hugo en préconise quarante-cinq . Et puis, pensez à récupérer tous les liquides de l’alimentation que l’on jette intempestivement dans l’évier . L’eau vinaigrée du bocal à cornichons servira par exemple au nettoyage de votre table de cuisine, et celles des petits pois ou des haricots verts en conserve pourront rejoindre dans un grand seau de récupération l’eau que les huîtres auront rendu avant consommation. Avec la flotte, c’est comme avec le cochon, tout est bon ! Gardez votre eau de vaisselle bien sûr, même si l’on vous suggère le lavage en machine. Une vaisselle par semaine à la main avec des brosses adéquates sera toujours  plus économe que l’usage quotidien du lave-vaisselle. Reste bien sûr la cuvette des WC , un véritable gouffre si l’on en croit les compteurs. Dix litres pour une chasse d’eau nous annonce-t-on ! Si on s’amuse bien sûr comme les petits marmots à tirer ou à appuyer sur tout ce qui brille, c’est certain que la note va s’alourdir. Une chasse d’eau hebdomadaire pour une famille de quatre personnes me paraît largement suffisante. Vous n’avez qu’à surveiller votre alimentation ! Notre seau de récupération cité plus haut trouvera ici toute son utilisation. Point besoin de vociférer : « c’est ma Terre ! » « c’est ma Planète ! » ou autres incantations que j’entends ici ou là. La défense de notre environnement passe par des gestes quotidiens de citoyenneté. Je voudrais dire modestement que je participe à ma façon  à la bonne gestion de l’eau et j’ai été très conforté au printemps dernier par SOS Mata Atlantica. En effet, l’ONG Brésilienne a invité tous les terriens à faire leur pipi sous la douche afin de faire l’impasse sur une chasse d’eau. Je ne vous dis pas quelle a été ma fierté ce jour là d’apprendre que je n’étais plus le petit dégueulasse que je pensais, pissant sous la douche depuis sa plus tendre enfance. Depuis, je ne m’en cache plus et sors du bac la tête haute, conscient d’avoir accompli un geste pour l’écologie. Mais attention ! Pisser sous la douche demande une certaine application ! Sachez viser la bonde et n’allez pas vous pisser sur les pieds. Gardez toujours à l’esprit cette maxime salvatrice : « Pisser dans la bonde, c’est agir pour le monde ! »

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Texte Libre


8  personne(s) sur ce blog


Recherche

  • LE-DRAC-A-PONT-DE-CLAIX.JPG
  • ANES-DANS-LE-VERCORS.JPG
  • TAUREAUX-CAMARGUAIS.JPG
  • lac-du-lauvitel-1.JPG
  • ST-MARTIN-EN-RE.JPG
  • MATIN-DE-BRUME--TARDETS.jpg
  • refuge-de-la-jasse---lac-fourchu.JPG
  • ECLUSE-A-POISSONS-ILE-DE-RE.JPG
  • lac-du-crop-sous-la-glace.jpg
  • champagnier- 01
  • lac-du-lauvitel-2.JPG

  














 

 

 

 

 



 

 

 




 

 

 




                       

    

        















 

 

 




 

 

 








 













 







 

 

 




 

 

 

 

 

                                      





















 

 

 



 


























































 

 

 

 

 

 


















































































































































































































































































































 

 

 

 

 

 























































































































































































































































Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés