Anita : Dire qu’on sort d’une détresse émotionnelle ne vous étonnera pas chers
lecteurs.
Camomille : Nous sommes beaucoup plus optimistes et la patronne a branché la télé
sans modération ces derniers jours.
A : 10 heures non stop devant l’écran le jour de la passation de pouvoir. Que du bonheur !
C : D’abord, la sortie du boiteux et de son tuyau de cheminée. Jouissance
extrême. Une sortie digne du résident qu’ils ont dit les aficionados, mais du côté u.m.pet., on n’avait pas oublié de convoquer le fan
club devant la grille d’entrée pour crier du « Nicolas » à tout va, et siffler le camp opposé.
A : Les galeux auraient voulu aussi que François accompagne Nicolas et
Pimprenelle jusqu’à leur berline. Pourquoi pas leur cirer les pompes aussi !
C : Des semaines interminables de coups bas et d’insultes de la
part du boiteux et il faudrait qu’il ait droit au sourire Hollandais !
A : Trop bon le discours à l’Elysée quand Hollande passe en revue ses prédécesseurs en leur trouvant pour chacun un point positif. Arrivé à Sarcouille , il ne peut que lui souhaiter de bonnes vacances. Qui
dira après ça que François donne dans la complaisance et la langue de bois ?
C : Et en vacances, il y est pour de bon ! Mais qu’on ne s’y méprenne surtout pas ! Ce type va rester en embuscade, tout comme autrefois la vérole quand elle tournait autour du bas-clergé.
A : Et puis sachant qu’une place au conseil constitutionnel va lui rapporter quelques onze mille piécettes d’euros, crois- moi qu’il n’est pas prêt de se retirer des voitures ? Des bureaux gratos en sus, un service d’ordre à ses talonnettes, son cabinet d’avocat, ce type ne va pas connaître
la crise. François ! Faut faire sauter tous ces avantages !
C : En attendant, les chiens ne faisant pas des
chats, il va bien falloir se coltiner Copé le roquet, aboyant, salivant, bavant et mordant son entourage. Faudra essayer d’éviter ses apparitions
hargneuses et agressives, à moins qu’un audacieux lui règle son compte au lance-pierre.
A : Il va bien falloir les gagner ces législatives, sinon c’aura
été des mois de palabres pour rien !
C : Tu imagines un peu qu’on en vienne à la cohabitation ?
Un cauchemar ! L’apocalypse ! Hollande appelant Copé le Roquet à la place d’Ayrault ! J’en frémis d’angoisse !
A : Mais cessons de nous faire peur ! Comme dirait le
cachalot, c’est assez nous punir que de remuer de tels scénarios!
C : Des scénarii, devrais-tu dire !
A : Ah que non Camomille ! Laisse les scénarii aux Italiens et à la
Dolce Vita. Chez nous, les scénarios sont beaucoup plus usuels. A ce propos, je n’ai jamais entendu dire qu’on allait aux lavabii faire pipo ! J’ai tout de même un certificat de grammaire
appliquée chez les Platycercidés. Faudrait voir à ne pas me confondre avec une gallinacée. Je n’ai pas de carte à l’u.m.pet ma chère Mimille ! Mais revenons à cette belle journée du 6
mai ! Tu as vu comme notre François a bien enfilé le costume ?
C : Les costumes, que tu devrais dire, car il a dû en changer
plusieurs fois avec toute cette flotte qui s’est abattue sur lui.
A : Il est pourtant resté imperturbable, comme d’habitude. Pour tout dire, il n’a pas
pris l’eau ! Journée pluvieuse, présidence heureuse ! Cet homme va en bluffer plus d’un !
C : Dès qu’il est sorti du palais pour recevoir les honneurs de la garde, il avait
déjà la posture du Président ! Cinq années de Sarcouille rattrapées en une demi-journée ! Ça ne se commande pas tout ça, c’est inné !
A : Mais je voudrais en ces moments de liesse, non pas bouder
notre plaisir, mais rappeler que nous ne saurions nous transformer en godillottes de Monsieur le Président. Que vont dire nos lecteurs s’ils nous
voient tomber dans la lèche. C’est notre âme rebelle qu’ils aiment en nous ! Ne devenons surtout pas ce qu’était le Figaro de Sarko !
C : Dois-je vous rappeler Mademoiselle la Rédactrice en Chef,
que la France vote à nouveau dans moins d’un mois ? Nous appelons solennellement les Françaises et les Français à donner une majorité solide et durable à Mr le Président de la République
pour qu’il puisse mener à terme ses projets pour la France !
A : Ô comme cela est bien dit ! C’est vrai qu’il faut que
nous soyons vigilantes avant tout. Les chacals et les vautours reniflent à nos portes. L’U.M.P-F.HAINE trépigne de revanche.
C : Et puis nous ne pouvons pas nier que nous avons repris de la
plume de la bête. Un vent républicain souffle sur nos voilures ! Nous reprenons goût à l’actualité ! On a versé des larmes d’émotion le 6
mai et on a même sifflé la Marseillaise à trois ou quatre reprises. Fières que nous sommes d’être des Perruches Françaises ! C’est-y pas beau tout-ça ! Des décennies que ça ne nous
était pas arrivé !
A : Un mot sur le nouveau gouvernement tout de même ! Ce
Monsieur Ayrault m’a l’air bien sous tous rapports !
C : Quel bel homme ! Et puis surtout, c’est un anti-héros, et j’aime
ça ! Y a de la noblesse dans sa simplicité. Vive Mr le Premier Ministre !
A : N’en fais pas trop Mimille !
C : J’vais me gêner ! Et puis ces femmes et ces hommes nouvellement
nommés m’ont l’air de bonne volonté. J’espère qu’on va leur laisser le temps de faire leurs preuves !
A : J’y compte bien ! Y-a pas le feu en la demeure !
C : Malheureuse ! Parle- pas de feu ! Pas question de
faire venir les pompiers ici ! Pour qu’ils nous violent la patronne ! Jamais de la vie !
A : Y- a pas grand risque ! Les pompiers se violent entre
eux. C’est une tradition pure et dure chez les encasernés. Là où y-a de la promiscuité, on a tendance à s’embiscuiter.
C : Les garçons qui veulent du coït n’ont qu’à faire le
dix-huit !
A : Ouh ! Celle-là, je ne l’avais pas encore
entendue ! Sûr qu’elle va rester longtemps dans les annales !
C : Une petite info sur notre vie personnelle ! On l’avait
déjà laissé entendre mais rien n’était arrêté. La patronne ayant fini par conclure l’achat d’une petite maison, on va transporter nos plumes à Pouldreuzic dans le Finistère. Bretonnes que nous
allons devenir ! Sur la terre des ancêtres de Mme de Longeville notre chère et adorée protectrice de toujours.
A : C’est de là-bas qu’on fera notre prochaine tribune. Demain
soir, la patronne fait un pot de départ avec le voisinage et nous partons lundi matin derrière le camion des Déménageurs Bretons. Ca ne s’invente pas ! Pas loin de 1 000 kilomètres
qu’on va faire dans sa Modus. Bonjour le tape-cul !
C : Va falloir qu’elle nous donne de la Cocculine pour le mal de
voiture.
A : Rien qu’à penser aux senteurs océanes, au tumulte des vagues
sur les rochers, aux embruns bondissant, j’ai déjà le cœur marin. A bientôt chers amis ! Et n’oubliez pas d’aller voter ! Le 17 juin, il faut une large majorité pour François !
C : Kenavo !