Anita : Les sanglots longs des violons de
l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone.
Camomille : Voilà que tu fais ta pouette
pouette ! C’est joli en tout cas !
A : Pour être honnête, c’est pas de moi. C’est
d’un certain Paul Verveine, un cousin de tisane à toi. C’est les premiers vers d’une poésie qui ont précédé le débarquement du 6 juin 1944. La BBC n’avait pas son pareil pour sortir des messages
de l’ordinaire. En France, côté résistance, on était aux aguets et dès les mots convenus, on filait à l’attaque.
C : T’en connais d’autres de messages
d’alerte , toi la spécialiste de l’histoire?
A : Je veux ma nièce ! « Andromaque
se parfume à la lavande », » « La fortune vient en dormant », « Tante Amélie fait du vélo en short », « Yvette aime les grosses carottes », « Les
carottes sont cuites », « Le canapé est au milieu du salon » et des centaines d’autres plus originales les unes que les autres.
C : Trop drôle ! Pour ceux qui sont dans
la résistance aujourd’hui, on pourrait en inventer d’autres. « Le nabot dodeline du jabot », « Clara des Burnes minaude au palais », « Dany Con est un bandit »
et tutti quanti.
A : Pour en revenir aux violons, y nous en
auront joué ce week-end ! Côté français, on peut dire que les fausses notes étaient au rendez-vous . Quel piètre chef d’orchestre on a !
C : C’est sûr ma belle ! Un peu comme
Louis de Funès dans La Grande Vadrouille, la Sarcouille en question ! Féfé qui a suivi tout ça sur les chaînes de propagande disait qu’il n’en
finissait pas de se tordre les pieds dans le sable en voulant être la hauteur.
A : En tout cas, j’sais pas si on célébrait le
65 ème anniversaire du débarquement ou le léchage de pommes entre Barak et Elvis.
C : Pfff ! J’en suis malade de rage !
J’aime plus Obama ! Les amis à Sarcouzi sont pas mes amis !
A : Moi aussi ! Y a plus bon Obama !
Et puis j’aime plus Michèle non plus ! Y paraît qu’il fallait les voir toutes les deux, elle et Clara des Burnes, faire les petites poupettes Barbie ! Elle s’affaisse la
Miche !
C : Oué ! Les violons qu’on a ressortis
là, vont nous la jouer d’une longueur monotone et on est pas prêtes de voir le prochain débarquement . Encore trois ans sur le même navire !
A : Ou davantage ! On sera p’t-être plus
de ce monde ! Toutes suffocantes et blêmes, on n’a plus qu’à s’envoler au vent mauvais !
C : Allez on s’reprend ! On va pas se
laisser plumer par la valetaille! L’avion ! Où est passé l’avion ?
A : Ça y est ! On commence à en retrouver
des miettes ! On a plus l’espoir de retrouver tous ces malheureux jouer les Robinson sur un îlot de l’Atlantique. Pétouille de destin !
C : On a jeté un œil distrait sur la finale de
Relent Craignosse. Me suis ennuyée comme c’est pas possible ! Soderling avait choisi de faire le pire devant le meilleur joueur du circuit. Dommage ! Il avait été tellement bon
auparavant.
A : Faut dire que Féderer était exact au
rendez-vous !
C : Oué ! Le comble serait de pas être à
l’heure quand on est Suisse !
A : Là aussi, c’était de la langueur monotone.
Heureusement qu’il y a eu l’intrusion sur le court de ce type qui voulait mettre un chapeau à Féderer. Ça casse un peu la routine !
C : C’est sûr ! Et puis c’est toujours
mieux que nous montrer les bignoles dans les tribunes. Le tennis gardera toujours ce parfum cucul mondain .
A : La patronne allume la télé. On va voir ce
qu’ont donné ces élections.
C : Pétouille ! 60%
d’abstentions !
A : Oué ! Et y vont palabrer toute la
soirée là-dessus !
C : Moi, j’en retiens une seule chose !
C’est un échec pour le pouvoir en place. Un pseudo président qui ne parvient pas à conduire la moitié d’un pays aux urnes, c’est un gugusse qui a sa
place à la foire du trône.
A : Tu l’as dit Mimille ! C’est un non
événement ! D’ailleurs, la patronne l’a compris ! Voilà qu’elle pase sur la 3 pour nous mettre Zorro.
C : Chouette ! Mon feuilleton
préféré ! ♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit…
A : ♪ Court vers l’aventure au
galop….
C : Dis moi Nini ! On ne va pas oublier de
souhaiter une bonne fête à toutes les mamans ?
A : Oh que non ! Est-ce que tu n’aurais
pas un petit poème dans ton répertoire ?
C : Peut-être celui-ci que j’ai dit à ma maman
quand j’étais toute petite . J’aimerais tant qu’elle m’entende là où elle se trouve !
"J'ai cherché dans les poèmes
Comment dire je t'aime.
J'ai trouvé des mots savants
Bien trop longs pour mes cinq ans.
Alors, j'ai cherché ailleurs
Et j'ai trouvé dans mon coeur
Les mots que tu m'as appris
Quand j'étais encore petit.
Maman, je t'aime, grand comme ça !
Je le dis avec mes bras. "
A : Comme c’est mignon ! Je suis sûre
qu’elle t’a entendue à nouveau ! Je crois aux forces de l’esprit. Bonne fête à toutes les mamans et qu’elles soient chéries pour des siècles et des siècles.
C : Non ! Qu’elles soient chéries à tout
jamais ! Si on se faisait une petite marrade avant de dormir ? On va jouer à la BBC dans la série : « Les français parlent aux français. » Je t’envoie un message et
tu m’en renvoies un autre.
A : Enfant tu es, enfant tu resteras !
Mélenchon fait sa tête de cochon.
C : Le facteur déconne toujours deux
fois.
A : Le Marquis a une colique de tous les
diables.
C : Xavier a un gros nœud de
cravate.
A : Martine revient de la ferme pleine
d’espoir.
C : Rachida sort de la basse
cour.
A : Anita voudrait bien
dormir !
C : Allez ! Fais de beaux rêves !
Tout est calme et reposé . Entends-tu les clochettes tintinabuler ?
A : Oh que oui ! Je n’entends
qu’elles ! Bonne nuit ! Dans trois jours on déménage ! A nous les senteurs océanes et les embruns sur le bec.
C : Mais j’y pense ! St Hilaire de Riez,
c’est en Vendée ? Au pays du demeuré ?
A : Chut !! On en parle demain. Bonne
nuit !
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